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UN
NOUVEAU SYSTEME
SUR LA VIE FUTURE

Le Système du monde moral, par M. Charles Lambert, Paris, 1862.

Le problème de la vie future, quels que soient les progrès de l’esprit critique et sceptique, ne cessera jamais d’émouvoir les âmes et d’éveiller la curiosité des esprits. De notre temps même, si positif, dit-on, ce problème a été agité à plusieurs reprises, discuté et résolu dans des sens bien divers. Un livre oublié aujourd’hui, mais curieux et qui a fait quelque bruit il y a une vingtaine d’années, l’Humanité, de M. Pierre Leroux, proposait comme solution à ce problème l’immortalité sur la terre et la renaissance indéfinie des mêmes hommes sous des noms et dans des corps différens : c’était une métempsycose humanitaire. Plus récemment, l’auteur de Terre et Ciel, l’ancien collaborateur de M. Pierre Leroux dans l’Encyclopédie nouvelle, M. Jean Reynaud, reprenait cette idée de la métempsycose ; mais, au lieu de la borner à la terre, il proposait le passage de sphère en sphère dans un perfectionnement progressif et indéfini, hypothèse d’ailleurs qu’avait déjà soutenue M. de Lamennais dans l’Esquisse d’une philosophie. La traduction du livre de Job a été aussi pour M. Renan l’occasion de soulever le problème de la vie future, et il a paru incliner à le résoudre à peu près comme Spinoza et comme la philosophie allemande dans l’école de Hegel. Enfin un intéressant écrivain, M. Alexis Dumesnil, vient de consacrer à ce problème un livre où il défend l’immortalité de l’âme par des raisons tirées de l’esprit de notre temps, et comme un dogme étroitement lié aux idées de liberté et de progrès si chères aux générations de ce siècle. Dans