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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 45.djvu/175

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L'ADMINISTRATION LOCALE
EN
FRANCE ET EN ANGLETERRE

V.
CENTRALISATION ET GOUVERNEMENT DE L'OPINION.

Une nation ne peut être libre, au dire de certains publicistes, que par l’entremise et dans la personne de localités indépendantes ou de classes privilégiées. — Nous croyons, nous, qu’elle peut être libre directement et en son propre nom. Nous avons essayé de montrer que parmi nous le droit national trouve sa garantie comme son origine dans cette force toute morale qui s’appelle opinion, que ce droit n’a pas besoin, pour vivre ou pour naître, d’une garantie faite et montée comme une arme, de quelque chose comme les places de sûreté à l’usage du XVIe siècle, ou comme le chômage dont disposaient les castes. On voudrait achever cette preuve en l’appuyant sur quelque histoire, sur la nôtre principalement, ce qui n’est pas le côté le plus difficile de cette étude.

En effet, cette puissance de l’opinion, puissance naturelle et régulière, qui a charge du progrès humain, qui a ses racines au plus profond de nous-mêmes, dans une certaine communion de l’homme