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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/773

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L'ANGLETERRE
ET
LA VIE ANGLAISE

VIII.
LES CLUBS DE LONDRES.



Dans un pays où les clubs ont joué au sein de deux révolutions un rôle plus ou moins considérable, où il existe encore un Jockey-Club, un club des Chemins de Fer et un assez grand nombre de cercles, on étonnerait peut-être les Français en leur disant qu’ils n’ont jamais eu de clubs dans la signification anglaise du mot. Nous avons pris le nom, nous n’avons pas pris la chose. Il est plus facile d’emprunter à une nation étrangère son langage que de lui dérober ses institutions. Pour peu qu’on ait vécu dans la Grande-Bretagne, on s’aperçoit bien vite que rien de semblable aux clubs anglais n’existe et ne peut exister sur le continent. Ces réunions supposent des droits, des garanties, et surtout une longue éducation de la liberté qui manquent ailleurs.

Les Anglais rapportent l’origine des clubs à l’un des instincts dominans de notre nature. « L’homme, disent-ils, est un animal sociable, et comme tel il a dû se grouper pour accroître son bien-être et ses plaisirs, » Ce sentiment, il est vrai, existe partout, mais les circonstances ont été plus ou moins favorables, selon les pays, au développement