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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/65

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opéré, vint apprendre que le montant définitif de l’emprunt libre s’élevait à 611,571,300 florins, c’est-à-dire que le gouvernement avait émis un sixième en sus de la somme décrétée (280 millions de francs). Sur ce chiffre, 26 millions 1/2 de florins étaient déposés à la caisse d’amortissement, et par une nouvelle irrégularité, au lieu de verser à cette caisse 26 millions 1/2 destinés au paiement de la dette, on lui avait donné en échange des obligations d’emprunt. Quant aux 85 millions de florins d’excédant, comment le gouvernement avait-il pu se les procurer ? Assurément la souscription, close à 506 millions, ne les avait pas fournis, puisqu’elle ne satisfaisait point elle-même à tous ses engagemens. L’empereur, on s’en souvient, dans ses excursions en Hongrie, en Vénétie, dispensait par grâce spéciale des communes, des établissemens, des employés même, d’opérer leurs versemens. Jusqu’à preuve contraire, une seule supposition reste possible : c’est que l’administration avait fait imprimer et vendre à la Bourse ces obligations supplémentaires, nécessaires sans doute pour parer à des besoins urgens.

Exposons maintenant en peu de mots la situation des grandes entreprises dont on se promettait en 1855 de si heureux résultats. En dehors du crédit mobilier et de la banque hypothécaire annexée à la banque générale, il n’a été fait aucune création qui mérite d’être citée.

Le crédit mobilier a établi plusieurs succursales dans le pays ; il a fait d’assez grandes opérations de commerce, il prend une certaine part dans diverses sociétés anonymes en soumissionnant des actions, il prête des sommes considérables à beaucoup d’industries en souffrance, ce qui paralyse ses moyens d’action en absorbant ses capitaux. Son fonds social reste fixé à 60 millions de florins. L’opération la plus importante du crédit mobilier depuis son origine est la négociation à ses frais et risques d’un emprunt de 42 millions de florins émis par coupures de 100 florins qui ne rapportent aucun intérêt, et participent seulement aux avantages d’un tirage au sort avec l’amortissement au pair des numéros sortis et des lots considérables. Cet emprunt, que se sont partagé les compagnies du chemin de fer de Vienne à Salzbourg, de la Theiss, de Pardubitz à Reichenberg et du Lloyd de Trieste, est amortissable en 66 ans et 195 tirages. Les lots les plus importans s’élèvent jusqu’à 250,000 florins dans les premières années, et à 150,000 dans les dernières ; les plus faibles lots sont d’abord de 120, puis de 200 florins. C’est la loterie pure et simple.

La banque hypothécaire, dont le capital s’élève à 40 millions de florins, compris dans le capital même de la banque devienne, peut émettre jusqu’à 200 millions d’obligations ; elle fonctionne depuis