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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/64

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de la banque ont dû se soumettre. Disons, pour terminer ce qui regarde les rapports de la banque avec l’état, que le ministre des finances se propose de faire rentrer dans les coffres de la banque de Vienne tout le montant de cette partie de la dette nationale retombée, à la conclusion définitive de la paix, à la charge de la Lombardie, et dont celle-ci pourra se libérer en annuités à raison de 5 pour 100. Ces titres, qui se négocieraient à l’étranger, permettraient au gouvernement de se décharger, vis-à-vis de la banque, principalement des avances faites cette année. La commission de la dette nationale vient aussi de proposer que la banque reçoive des valeurs appartenant à la caisse d’amortissement, et dont le total est d’environ 42 millions de florins ; mais ces titres, obligations des chemins de Galicie, de la Theiss, etc., forment-ils une garantie bien sérieuse ? Quant aux avances antérieures, il devient urgent que des moyens énergiques mettent fin à une situation aussi anomale, qui constitue le principal établissement de crédit existant en Autriche créancier de l’état pour un total qui s’élève encore à 850 millions de francs, et paralyse complètement l’action que la banque devrait exercer au profit de l’industrie et du commerce. En 1858, la valeur des billets escomptés a été seulement de 880 millions de francs, un peu moins du sixième des opérations de la Banque de France en 1857, à supposer encore que le chiffre de 880 millions ne comprenne pas la négociation des bons du trésor. Dans cette même année 1858, la dette de l’état vis-à-vis de la banque était de 509 millions de francs, les avances sur valeurs publiques de 201, et comme la circulation des billets montait à 962, on peut donc dire que le rôle de la banque de Vienne se bornait exclusivement à fournir son papier au trésor et à soutenir à tout prix les titres de la dette publique. En 1859, la situation s’est de beaucoup aggravée ; elle exige, les chiffres le disent assez haut, les plus puissans remèdes.

Un fait très significatif est venu d’ailleurs jeter une vive lumière sur l’état des finances autrichiennes et sur les expédiens auxquels le gouvernement a recours pour se créer des ressources. Le 10 octobre 1859, le journal officiel, à la suite des comptes de 1858, donnait le produit total de l’emprunt libre national de 1854. Or cet emprunt volontaire de 500 millions de florins, dont par parenthèse, dans quelques provinces, les autorités ne se firent pas faute d’activer la souscription par des moyens coercitifs, devait être couvert du 20 juillet au 19 août. Un avis ministériel du 15 septembre 1859 annonça que le chiffre du capital régulièrement souscrit s’élevait à 506,788,477 florins. Une réduction proportionnelle aurait dû par conséquent être faite en raison de cet excédant assez mince, lorsque la Gazette de Vienne, à l’occasion du dernier versement