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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/396

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cents chevau-légers, que devaient seconder le zèle soutenu et le dévouement courageux des habitans de Pavie. Diligent et prévoyant, avisé en même temps qu’intrépide, il joignait à une vigilance que personne ne devait surprendre une fermeté que rien ne pouvait abattre. Antonio de Leyva pourvut d’abord à la défense de la ville, releva les murailles là où des pierres en étaient tombées, rempara ce qui menaçait de fléchir, creusa des tranchées intérieures sur les points les plus menacés d’être battus en brèche et d’être ensuite emportés d’assaut. Il distribua les quartiers à ceux qui devaient les garder, et après avoir réglé la subsistance comme la défense de la place, il se tint prêt à repousser l’attaque de l’armée française.

François Ier, gardant auprès de lui l’amiral Bonnivet et le bâtard de Savoie, s’établit avec la plus grande partie des troupes vers l’abbaye de San-Lanfranco et l’église de San-Salvator, à l’ouest de Pavie. Le maréchal de La Palisse se porta avec l’avant-garde, dont son ancienneté lui donnait le commandement, sur les hauteurs qui longeaient la ville du côté de l’est. Le duc d’Alençon et le grand-écuyer San-Severino occupèrent le parc de Mirabello à la tête d’un corps considérable [1], et le maréchal de Montmorency, suivi de trois mille lansquenets, de deux mille Italiens, de mille Corses et de deux cents hommes d’armes, se logea de force dans l’île que formaient au sud les deux bras du Tessin. Après avoir pris la tour qui fermait l’entrée du pont de pierre conduisant de l’île dans Pavie, et en avoir fait pendre tous les défenseurs pour avoir osé résister, disait-il, à une armée du roi dans un tel poulailler [2], il se trouva en face de la ville. Antonio de Leyva ordonna aussitôt de rompre le pont de communication, et le maréchal de Montmorency, qu’il menaça de meurtrières représailles [3], se vit arrêté aux bords du Tessin. Les troupes françaises cernèrent alors la place de tous les côtés.

Dès qu’il eut reçu ses gros canons, François Ier ouvrit des tranchées pour approcher de la ville. Les batteries furent assises le 6 novembre, et le feu commença. Des pièces de fort calibre battirent la place dans la partie orientale, et d’autres de dimension encore plus grande tirèrent contre la partie occidentale. Après trois jours de feu non interrompu, les murailles écroulées offrirent des brèches suffisantes, et l’assaut fut décidé. François Ier espéra enlever Pavie par une vive attaque, opérée simultanément sur les deux points ouverts. Les troupes, que conduisait d’un côté le maréchal de La Palisse, et qu’animait de l’autre la présence du roi, montèrent aux brèches :

  1. D’après Du Bellay, qui fit toute cette campagne et assista à la bataille de Pavie. — T. XVII, p. 459, 460. — Toegius, à la date du 28 octobre. — Carpesanus, Commentarii suorum temporum, dans Martenne, t. V, lib. X, § 13, f. 1390.
  2. Du Bellay, p. 460.
  3. Francisais Tœgius, à la date du 30 octobre.