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Page:Revue des Deux Mondes - 1860 - tome 26.djvu/153

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sa mémoire. Trouveront-ils dans ses papiers des richesses inconnues ? On en doute ; mais ils ont trouvé ses leçons, et ils les publient. Une de ses dernières occupations avait été la surveillance d’une belle édition de Dugald Stewart en dix volumes ; mais il s’était presque borné à la faire correcte et complète, et réservait pour le dernier volume la biographie et des observations sur la philosophie de Stewart, et sur sa connexion avec l’école écossaise et la doctrine du sens commun. La mort ne lui a pas permis de finir sa tâche. Un de ses disciples s’en est chargé, car non-seulement il a retiré la philosophie écossaise de l’abandon où elle allait tomber sans lui, mais par son enseignement il a reformé une école écossaise qui compte aujourd’hui plus d’un représentant digne de continuer la tradition. Au premier rang il faut placer le révérend Henri Mansel, connu par ses travaux sur la logique, par un essai sur la doctrine de Kant, et qui doit porter dans l’enseignement de l’université d’Oxford la nouveauté d’une philosophie formée à la fois par l’étude directe de l’esprit humain et la connaissance comparative des grands systèmes de l’Europe moderne. M. Alexandre Fraser, qui a été un des disciples favoris de Hamilton, qui l’a secondé et suppléé dans ses leçons, lui a succédé dans sa chaire, et, sans compter le recueil des articles qu’il a donnés au North-British Review) et qui forment un remarquable volume d’essais philosophiques, il a publié une introduction à la philosophie rationnelle historiquement et systématiquement considérée, qui est comme le programme d’un vaste et solide enseignement. Le révérend John Cairns, ministre à Berwick, ne nous est connu que par quelques opuscules détachés, mais qui attestent la justesse et la pénétration d’un penseur, et l’introduction qu’il a jointe à son édition du Discours sur la Lumière naturelle de Culverwell est l’œuvre d’un excellent critique. M. John Veitch, un des élèves affectionnés de sir William, et son fidèle assistant dans les leçons de ses dernières années, a écrit à sa place une intéressante biographie de Dugald Stewart pour le dixième volume des œuvres complètes. Il s’y montre le continuateur intelligent et libre des doctrines de ses maîtres, et, dans une traduction de Descartes, il a, dit-on, apprécié avec sagacité la méthode et l’œuvre du fondateur de l’école française. On espère le voir bientôt appelé à porter dans la chaire de logique de l’université d’Aberdeen ou de Saint-Andrews l’esprit sévère et mesuré qu’il a puisé dans les exemples et les leçons du régénérateur de l’école écossaise. Enfin M. Baynes, que nous avons déjà nommé, et qui a donné à l’Ecosse une traduction de l’Art de penser de Port-Royal, paraît s’être attaché particulièrement à poursuivre cette œuvre de réformation de la logique qui a tant occupé les dernières années de sir William Hamilton.