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Page:Revue des Deux Mondes - 1858 - tome 15.djvu/582

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à 1855 dans l’extraction houillère de nos voisins, car les deux cinquièmes environ de leur production appartiennent à l’importation, évaluée maintenant à 35 millions de quintaux métriques. On arrive ainsi, pour la consommation belge en combustibles minéraux, au chiffre de 50 millions de quintaux métriques, qui est relativement bien plus considérable que le nôtre, puisque le territoire de la France est vingt fois plus grand que celui de la Belgique, et que notre population est décuple de la sienne.

Nous avons heureusement des chiffres parfaitement authentiques pour la Grande-Bretagne, grâce à une publication officielle récemment faite par les soins du Geological Survey [1], dont le directeur, M. Murchison, constate, dans une courte introduction, l’essor prodigieux, — aux yeux des Anglais eux-mêmes, — de l’industrie houillère du royaume-uni, conséquence naturelle du développement grandiose que prend l’industrie manufacturière de ce pays. « Malgré l’excès de production que présentait l’année 1854 sur toutes les années précédentes, je trouve, dit M. Murchison, que la production du charbon en 1856 est encore supérieure à cette surprenante quantité (surprising quantily) ; le chiffre de 677,117,770 quintaux métriques correspond à une augmentation de 22,274,580 sur l’année 1855, et, au prix moyen de la houille sur le carreau de la mine, il représente une valeur de 410,596,550 francs. L’exportation à l’étranger, qui est de 62,182,820 quintaux métriques, s’est accrue d’une année à l’autre de près de 10 millions de quintaux métriques ; grâce à la navigation côtière et aux chemins de fer, elle a été plus active que jamais. » En défalquant l’exportation de la production, on arrive pour la consommation anglaise au chiffre énorme de 614,934,950 quintaux métriques, qui est quintuple du nôtre. On sait que l’Angleterre a une population inférieure de dix millions d’habitans à celle de la France.

Indépendamment d’une abondance toute naturelle, que nous ne pouvons qu’envier, les bassins houillers de la Grande-Bretagne rencontrent encore un puissant élément de prospérité dans une répartition également naturelle sur ce sol classique des richesses minérales. Tel bassin touche à une mer, tel autre se trouve à la fois placé sur deux mers ; les bassins du centre de l’Angleterre sont sillonnés de canaux qui amènent par la Tamise la houille jusqu’à Londres, dont la consommation est de 45 millions de quintaux métriques, quantité qui dépasse de beaucoup la moitié de notre production. On évalue à 2,500,000 âmes la population de Londres, et à 1,600,000 celle de Paris ; la capitale de la France ne consomme

  1. Minerai Statistic of the united Kingdom of Great Britain and Ireland for the year 1856, by Robert Hunt, 1857, published by order of the lords commissionners of her majesty’s treasury.