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Page:Revue des Deux Mondes - 1858 - tome 15.djvu/489

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L’HOMME DE NEIGE

à maurice sand.

Nous prions le lecteur de vouloir bien entrer avec nous au cœur du sujet de cette histoire, comme il fait quand, au théâtre, la toile se lève sur une situation que les personnages vont lui révéler.

De même, et par conséquent, nous le prions de pénétrer avec nous d’emblée dans le centre de la localité où se passe l’aventure, avec cette différence qu’au théâtre le rideau se lève rarement sur une scène vide, et qu’ici le lecteur et moi allons nous trouver quelques instans tête à tête.

C’est dans un local assez bizarre et peu réjouissant que nous voici transportés : salle carrée, régulière au premier coup d’œil, mais dont un des angles rentre évidemment plus que les trois autres, pour peu qu’on observe le carré du plafond de bois sombre, dont les solives en saillie sont engagées plus que de raison dans le coin qui répond au nord-est.

Cette irrégularité est d’ailleurs rendue plus frappante par la présence d’un escalier de bois dont la rampe se découpe en balustres d’une menuiserie assez recherchée, ouvrage d’un caractère massif qui paraît dater de la fin du xvie siècle ou du commencement du xviie. Cet escalier monte six marches, se repose à un petit palier, tourne carrément, et va engager la dernière de ses six autres marches dans la muraille. Il y a eu là autrefois évidemment une porte qui a été supprimée. Les dispositions de l’édifice ont été changées ; on eût dû supprimer également l’escalier, qui ne sert plus qu’à encombrer l’appartement. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait ?