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Page:Revue des Deux Mondes - 1858 - tome 15.djvu/190

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DE
L’ALIMENTATION PUBLIQUE

LE SORGHO ET L’IGNAME DE CHINE.



Comment donner satisfaction au besoin d’une alimentation plus abondante et plus réparatrice qui s’accuse si énergiquement depuis quelques années dans notre pays ? Comment faire produire à la terre des récoltes plus riches et les obtenir plus économiquement ? Il n’est pas de question plus digne aujourd’hui d’occuper la science, et il n’en est point aussi, il faut le reconnaître, qui ait provoqué plus de recherches, plus d’expériences, rencontré un concours plus empressé, soit chez les savans, soit chez les agriculteurs.

Deux voies très distinctes s’offrent pour arriver à la solution du problème : l’une est plus longue et mieux connue, l’autre plus séduisante. La première est celle du perfectionnement graduel de nos méthodes de culture et de nos races d’animaux. La seconde semble promettre des résultats plus prompts. Il s’agirait d’introduire chez nous, soit de nouvelles races d’animaux, soit des plantes empruntées à des contrées étrangères, et qui, s’ajoutant aux végétaux utiles depuis longtemps appréciés par nos populations, pourraient à leur tour entrer avec grand profit dans la féconde rotation de nos cultures habituelles. Le premier mouvement de nos cultivateurs (et souvent c’est le bon) est d’ordinaire peu favorable aux innovations de tout genre qui viennent les solliciter. Aussi comprend-on le motif qui porte quelques amis trop zélés peut-être du progrès en toutes choses à s’efforcer de vaincre cette défiance naturelle, instinctive, en exagérant parfois les avantages de l’acclimatation d’animaux ou de végétaux étrangers dans nos établissemens agricoles. En ce moment même, il faut le reconnaître, une institution d’origine récente,