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Page:Revue des Deux Mondes - 1856 - tome 3.djvu/735

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Lipans au contraire et d’autres tribus errantes enterrent leurs morts dans des fosses çà et là, généralement dans les bois ou les broussailles ; ils recouvrent le corps de plusieurs couches alternatives de terre et de branchages, répandent de l’herbe sur le sol, et au-dessus ils entrelacent élégamment les rameaux, faisant une sorte de voûte feuillue qui sert de toit et d’abri à la tombe isolée.

J’ai fait quelques recherches historiques sur les premières visites des Espagnols dans le Texas, mais je n’ai trouvé aucuns renseignemens précis sur ce qui a précédé le XVIIe siècle. Les historiens n’indiquent ni les points de départ, ni les distances ; ils se contentent des désignations les plus vagues. On montre dans la baie de Matagorda un arbre qui est seul sur une langue de terre : c’est là qu’un Français, M. Lasalle, voulut au XVIIe siècle fonder une colonie. Le presidio de San-Antonio de Bexar, fondé par le marquis de Médina, date de la même époque, et non pas du commencement du XVIIIe siècle, comme le prétendent quelques historiens. Les autres missions ou établissemens espagnols, San-José, la Concepcion, Goliad, Sabadie et Nacogdochès, sont postérieurs d’une cinquantaine d’années. Quant à l’histoire moderne du Texas, elle est trop connue pour que je m’y arrête ; je rappellerai seulement que le gouvernement espagnol accorda de grands privilèges à un Missourien nommé Moïse Austin, qui vint coloniser le Texas à la tête d’un grand nombre de familles, qu’après la déclaration de l’indépendance mexicaine quelques-uns de ces privilèges furent méconnus, que les Texiens se révoltèrent et réussirent à fonder au commencement de 1836 une république particulière. Le général Houston fut élu président ; mais la petite république, trop faible et trop pauvre pour se soutenir seule, se joignit en 1845 à la confédération des États-Unis. L’année suivante, les États-Unis et le Mexique se brouillèrent au sujet de la démarcation des frontières, et la guerre ne se termina qu’au commencement de 1848 par le traité de Guadalupe-Hidalgo.

Galveston est bâti au nord d’une île de sable longue et étroite ; on marche partout sur le sable, même dans les rues. Pendant le jour, tout ce sable, brûlé par le soleil, embrase l’air et rend le séjour de Galveston insupportable ; les maringouins sont en si grand nombre et si féroces, qu’en été un étranger n’y peut pas vivre. L’eau est détestable : les habitans, pour en avoir, sont obligés de recueillir l’eau de pluie dans de vastes citernes en bois ou en briques ; elle est chauffée à outrance par les feux du soleil, et les réservoirs où elle séjourne ne sont pas toujours propres : qu’on juge de ce qu’elle peut être ! On est obligé d’apporter de la terre du continent pour avoir un peu de végétation ; mais cette terre est si fertile, que, mêlée au sable, elle produit encore de bons fruits et de bons légumes. Les maisons sont