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Page:Revue des Deux Mondes - 1856 - tome 3.djvu/685

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LA NÉERLANDE
ET
LA VIE HOLLANDAISE

VII.
LE MARIN BALEINIER ET LA PÊCHE DE LA BALEINE.


« Tout ce qui habite la terre, — dit le vieux poète hollandais Jacob Cats à ses compatriotes, — toutes les créatures connaissent la force qui leur est propre, tous les animaux savent profiter de leurs armes et de leurs avantages pour frapper leurs ennemis. Le lion déchire avec sa griffe, le taureau frappe avec sa corne, le cheval lance ses pieds de derrière, le coq fait usage de ses rudes éperons. Votre arme à vous, c’est la mer ! — L’océan, le premier, vous a donné la liberté en expulsant l’Espagnol ; il a introduit ici la religion ; l’océan fait frémir devant vous l’Indien même.— Gens de mer à l’habit goudronneux, Tromp vous mène aujourd’hui sur les flots [1] : soyez attentifs à ses commandemens. Il vous apprendra à jouer le jeu de paume de l’acier et du fer. Oui, il vous conduira à la danse où les femmes ne sont point admises : c’est la danse des hommes énergiques seuls. Si vous aimez le pays, allez sillonner les campagnes de l’océan ; sur la mer est votre maison, là est votre élément. « — Allez, allez, élus de plusieurs millions d’hommes, allez rétablir ce qui semblait perdu. Faites

  1. Cette pièce de vers fut composée à l’occasion de la nomination de Tromp comme amiral en chef.