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PROGRÈS ET DÉCOUVERTES
DE
LA PALÉONTOLOGIE

LES RÉVOLUTIONS DU GLOBE.


Les pétrifications et les fossiles n’ont été considérés pendant bien longtemps que comme des objets de pure curiosité : ils semblent avoir à peine attiré l’attention des naturalistes de l’antiquité, et l’on n’en trouve que de rares mentions dans quelques-uns de leurs ouvrages. Plus de cinq siècles pourtant avant Jésus-Christ, Xénophane de Colophon parlait avec étonnement de coquilles, trouvées au haut des montagnes et de restes de poissons découverts dans une carrière près de Syracuse. L’empereur Auguste avait fait rassembler une vraie collection de fossiles dans sa maison de campagne de l’île de Capri, et l’on trouve dans Pline la description de quelques ossemens qu’il attribuait, à cause de leur taille, à une race éteinte de géans ; mais l’étude des restes fossiles ne put attirer toute l’attention qu’elle mérite tant qu’on demeura dans l’ignorance la plus complète à l’égard de l’histoire de notre terre et de la formation successive des dépôts qui la recouvrent. Aucun rayon n’avait pénétré dans ces obscurités, et jusqu’au milieu du dernier siècle on vit dans certaines pétrifications des produits spontanés de notre planète elle-même, qu’on douait ainsi d’un pouvoir mystérieux de génération. De pareilles erreurs nous font aujourd’hui sourire ; elles n’ont pourtant rien de trop