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Page:Revue des Deux Mondes - 1856 - tome 3.djvu/189

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Si la montée n’est plus que de un, deux ou trois pour cent de ce qu’elle était primitivement, la pesanteur est réduite dans la même proportion, qui est celle du cosinus de l’angle très ouvert que le chemin fait avec la verticale. Le coin qu’on enfonce dans le bois, la hache qui l’entame par un angle très aigu, le couteau qui tranche d’autant plus qu’il est plus affilé, le rasoir qui, avec ses deux faces creuses, est encore plus affilé que le couteau, enfin la pellicule tranchante d’un fragment de verre dur de bouteille cassée irrégulièrement, et qui pénètre encore plus finement que le rasoir, tous ces effets ont pour cause et pour loi un cosinus qui, en augmentant la force pénétrante, et par suite diminuant la force résistante, augmente d’autant plus l’efficacité de l’action exercée.

Quand une force se partage entre deux directions, la loi de la distribution de la force suivant les deux nouveaux chemins est encore celle du cosinus ou plutôt des cosinus des deux angles que font ces deux nouvelles directions avec la force primitive. Toute la mécanique est là-dedans. Choisissons un des oracles que rendent ces cosinus, dont on a fait des tables comme on a fait des logarithmes. Si après avoir divisé une force quelconque en plusieurs autres vous les réunissez de nouveau, vous n’obtenez rien de plus que la force primitive. Ces transcendantes crient donc aux aveugles chercheurs du mouvement perpétuel, c’est-à-dire de la production des forces avec rien, qu’ils cherchent l’impossible, et qu’ils ne peuvent pas plus faire un excédant de force qu’un excédant de poids ou de matière. Avec dix degrés de force vive, vous ne ferez pas plus onze ou douze degrés de force qu’avec dix kilogrammes de marbre vous ne feriez onze ou douze kilogrammes de la même substance, ou bien qu’avec dix boulets de canon vous n’en produiriez onze ou douze du même calibre.

Lorsque le Parisien, en général assez casanier, arrive par hasard sur les bords de l’Atlantique, qui sépare la France de l’Amérique, sur les plages de la Normandie, de la Bretagne, de l’Aunis ou de la Guyenne, il voit par le temps le plus calme, par le ciel le plus pur, sous les rayons du soleil le plus beau, l’Océan deux fois par jour inondant ses rivages, amener et remmener ses vastes ondes par une cause occulte qui a longtemps fait le désespoir des théories physiques. Sur les plages de la Provence ou du Languedoc, la mer n’éprouve point de pareilles alternatives d’inondation et de dessèchement. Sans doute dans l’Océan, c’est Neptune qui soulève les flots de son vaste empire ; mais pourquoi ne le fait-il pas dans la Méditerranée ? D’autant plus que cette divinité grecque, et par suite essentiellement méditerranéenne, doit exercer surtout sa puissance dans les lieux de sa naissance, et notamment dans le bassin oriental ou