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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/890

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enseignement pratique systématiquement organisé et pourvu de toutes les ressources nécessaires pour répondre aux besoins publics. Les établissemens qui s’y rencontrent, en dehors du Conservatoire national des arts et métiers, peuvent être rangés dans deux catégories : les unes sont réservées aux classes aisées, à celles du moins qui peuvent paver une subvention mensuelle, les autres sont gratuites et dès-lors accessibles aux populations ouvrières. À la première division se rattachent le collége municipal Chaptal et l’école Turgot, qui dirigent une partie de leur enseignement du côté des professions industrielles ; plusieurs écoles préparatoires pour les écoles d’arts et métiers ; des écoles d’architecture, d’horlogerie, etc. Au point de vue où nous sommes placés, la seconde catégorie réclame surtout notre attention. Le nombre des établissemens publics qui en font partie n’est pas considérable. Après la petite école du Conservatoire, je ne vois guère que des classes gratuites de dessin industriel. Encore le dessin de fabrique n’y occupe-t-il pas la place qu’il devrait y avoir : on ne sera pas surpris que le côté artistique y soit prépondérant, quand on saura que, par une de ces singularités dont notre système administratif offre plus d’un exemple, ces écoles sont tout-à-fait étrangères au ministère du commerce, et relèvent exclusivement de la direction des beaux-arts.

Dans le vaste champ de l’instruction professionnelle des classes ouvrières, la tâche principale à Paris échoit à des oeuvres particulières inspirées par la charité ou par la prévoyance économique. Au milieu (le gouffre immense de la capitale, l’action de ces établissemens ne frappe pas l’œil indifférent ou distrait du monde ; mais, silencieuse et à peu près ignorée, elle soulage bien des infortunes, aide bien des impuissances et profite largement à la communauté. L’Œuvre des apprentis de la ville de Paris, placée sous la présidence de M. Armand de Melun, recrute pour le travail, sur le pavé de la cité, dans les greniers de la misère, une foule d’enfans qui grandissaient jadis pour aller peupler les prisons. En même temps qu’on illumine leur esprit par l’instruction primaire et qu’on cherche à former leur cœur au sentiment du bien, on les initie peu à peu à la vie réelle qui les attend. Une autre oeuvre, celle de Saint-Nicolas, reçoit quelques centaines d’élèves dans deux maisons, dont l’une est située à Paris, et l’autre à Issy. Une direction intelligente y sait associer en une juste mesure l’instruction élémentaire à des travaux manuels. Malheureusement les ressources dont dispose l’institution ne lui permettent pas de varier assez les métiers qu’on y enseigne. D’autres associations analogues sont entrées dans la même voie. Les ouvroirs des filles constituent de véritables écoles professionnelles pour la partie la plus faible, la plus exposée, et par conséquent la plus digne d’intérêt de toute la population laborieuse. On trouve encore à Paris de petites écoles d’apprentis créées