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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/888

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dans les exploitations de houille situées autour d’Alais. Les élèves s’exercent aussi au travail de la forge, de la charpente et du charronnage. Les admissions n’y sont pas gratuites, mais on n’y compte guère que des pensionnaires entretenus soit par quelques départemens, soit par quelques compagnies houillères. On pourrait encore trouver dans deux ou trois autres villes du sud des institutions privées qui touchent à l’enseignement industriel par quelques côtés, mais cette spécialité n’y est en somme qu’assez faiblement prononcée.

Dans nos départemens de l’ouest, les deux grandes cités de Bordeaux et de Nantes sont les seules qui se soient un peu largement préoccupées de l’éducation spéciale. Dans la capitale de l’ancienne Guyenne, le conseil municipal a fondé en 1834 et en 1835 des cours publics et gratuits sur la chimie industrielle, les mathématiques et la mécanique appliquée aux arts et métiers. De son côté, la chambre de commerce, qui est riche et active, a institué en 1843 un cours de chimie et d’histoire naturelle. Une société particulière dite Société Philomathique, dont l’action tutélaire a secouru, en maintes circonstances, la population laborieuse de Bordeaux, subvient depuis dix années aux frais d’un enseignement spécial, dont la partie pratique embrasse le dessin linéaire et la démonstration des machines à vapeur. À Nantes, bien que la ville entretienne une école gratuite de dessin, fondée en 1789, c’est une société particulière, connue sous le nom de Société industrielle, et dont les efforts en faveur des jeunes ouvriers sont aujourd’hui appréciés de toute la France, qui est à la tête de l’éducation professionnelle des masses. Elle reçoit de la commune, du département et de l’état des subventions auxquelles vient se joindre le montant de souscriptions particulières. On compte par centaines les ouvriers dont elle a guidé les premiers pas dans la rude carrière du travail. Donner à ses élèves une instruction soigneusement accommodée à leur état, pourvoir à l’apprentissage des enfans dans les diverses professions manuelles, telle est la double action de cette société.

La Rochelle et Brest ont fait aussi quelques efforts pour développer l’enseignement professionnel dans l’ouest de la France. À la Rochelle, on a établi en 1844 un cours théorique sur les constructions navales ; à Brest, une société appelée Société d’émulation cherche à propager la connaissance du dessin linéaire, de la levée des plans, etc. Au fond, quelque utiles qu’elles soient, ces créations ne touchent que de loin à la pratique. Il n’y a là rien d’assez technique, rien qui se rapporte assez directement à l’application. Dans cette partie de la France, voici comment les choses se passent : tous les enfans, non-seulement des classes aisées, mais encore de celles qui ne sont pas sous le poids d’une gène trop grande, suivent tant bien que mal l’enseignement littéraire des collèges. Interrompus bien souvent dans leurs études par l’impuissance