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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/884

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en 1775 ; celle de Saint-Omer remonte à 1780, et celle de Calais à 1787. Partout ces institutions sont fort appréciées des populations ouvrières. Certaines classes réunissent jusqu’à cent cinquante élèves. Quelques-unes sont spéciales pour les enfans ; le plus grand nombre concernent les adultes. Le dessin d’architecture et du bâtiment y occupe assez souvent une place. On y donne beaucoup plus rarement des notions de géométrie pratique pour la coupe des pierres, des bois, etc. Quelques rares essais pour l’enseignement de la mécanique élémentaire méritent à peine d’être mentionnés. On avait établi à Arras, en 1833, un cours public de modelure et de broderie ; mais il a été malheureusement interrompu. Dans toute cette zone si populeuse qui s’étend des frontières de la Belgique jusqu’aux extrémités occidentales de la Normandie, et renferme des métropoles manufacturières comme Rouen et Lille, on ne saurait guère citer que deux petites institutions locales qui aient réellement le caractère d’école industrielle. L’une est située à Dieppe : c’est une école pour la dentelle et la couture ouverte aux jeunes filles. Fondée sous la restauration, accrue sous le gouvernement de juillet, elle reçoit environ trois cents élèves, et, tout en leur donnant l’instruction primaire, elle leur enseigne un état. L’établissement a exercé une influence heureuse sur la fabrication des dentelles ; on y a réuni, depuis 1836, un internat où quelques jeunes filles pauvres sont nourries et entretenues gratuitement ; et élevées pour former des ouvrières de choix et des sous-maîtresses. L’autre institution, située à Mesnières, dans l’arrondissement de Rouen, recueille une soixantaine de jeunes garçons orphelins et les prépare à un métier dans des ateliers appropriés à diverses professions manuelles. Quelques sociétés locales, comme la Société des travailleurs de Saint-Quentin, etc., essaient de propager certaines connaissances spéciales parmi les populations laborieuses ; mais on n’a pu encore obtenir sur ce terrain que d’assez faibles résultats.

Dans nos départemens de l’est, le domaine de l’instruction industrielle est un peu moins restreint. On y trouve quelques écoles, quelques institutions techniques, qui s’adressent aux ouvriers. Les classes de dessin y sont plus multipliées que dans le nord, et y prennent en général une tendance plus essentiellement manufacturière. Des fabriques de la Suisse, de l’Allemagne et de l’Angleterre ont appelé plus d’une fois dans leurs ateliers d’impression sur étoffes des dessinateurs, des graveurs et des coloristes formés dans les écoles gratuites du Haut-Rhin. Certaines classes de dessin moins spécial rendent cependant de remarquables services à l’industrie. On peut le dire surtout de l’école de Saint-Étienne, où s’instruisent ces dessinateurs de tout genre employés par les fabriques locales, et surtout par la rubannerie, si jalouse du bon goût de ses articles de mode. À l’enseignement du dessin sont annexés de temps en temps des cours publics fondés et entretenus par