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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/883

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l’industrie n’a pu rester abandonnée à l’empirisme. Il n’est pas Une seule fabrique qui n’ait été obligée de demander à la science des moyens plus prompts, plus sûrs, plus économiques. L’École centrale satisfait à ce besoin. Par les études physiques et chimiques, elle prépare des hommes spéciaux pour la direction des travaux industriels, de même que l’École polytechnique, par l’étude des sciences mathématiques, forme une pépinière pour les travaux publics et pour quelques autres professions spéciales.

Au-dessous de ces divers établissemens, qui ont un caractère de généralité, viennent des institutions qu’on peut appeler locales. Ces dernières se divisent, au point de vue de leur destination, en deux larges catégories : les unes ont pour but d’enseigner tel ou tel élément des sciences envisagées dans leurs rapports avec les arts industriels ; les autres, plus spéciales, portent principalement sur la pratique même d’un art, d’un métier, ou sur des connaissances accessoires qui sont indispensables pour l’exercer. Quand on veut mesurer l’influence réelle des unes et des autres, il faut les considérer dans le lieu même où elles existent ; mais on ne saurait alors trop se tenir en garde contre les apparences. Le mot professionnel est à la mode. Vous le voyez adopté par de nombreux établissemens qui n’ont pas le moindre caractère pratique, et dans lesquels on ne songe guère à préparer les enfans pour les carrières industrielles. Aussi, malgré certaines additions faites au programme en vue de justifier un nom nouveau, ces maisons rentrent dans le domaine de l’enseignement ordinaire. On a essayé d’introduire dans les écoles primaires du second degré l’étude des principes de quelques-unes des sciences les plus susceptibles d’application. Cependant il y en a bien peu qui puissent être signalées comme la source d’une éducation technique même incomplète. Les frères des écoles chrétiennes s’efforcent tout particulièrement, depuis plusieurs années, d’imprimer ce caractère à quelques-unes de leurs excellentes institutions : ils y réussiront vraisemblablement ; mais, pour le moment, sans contester certains résultats partiels, nous ne voyons encore là que l’instruction élémentaire plus ou moins développée, et, en recherchant quelles sont dans les diverses zones de la France les ressources de l’enseignement industriel, nous ne devons y relever que les seuls élémens pratiques.

Dans la région septentrionale, où l’industrie manufacturière domine en souveraine, nous n’apercevons guère que le dessin appliqué aux arts et métiers qui soit enseigné gratuitement. Les écoles de dessin établies dans la plupart des villes un peu importantes sont, en général, de création assez récente. Les plus anciennes datent de la restauration ou de l’empire ; trois ou quatre ont une origine plus reculée ainsi l’école d’Arras, dont l’enseignement se rapporte en partie aux professions industrielles, avait été fondée par les états-généraux d’Artois