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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/880

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cours réguliers, comme ceux qui s’ouvrirent en 1819 sur la géométrie appliquée aux arts, la chimie industrielle et l’économie industrielle. Auprès de ces trois premières chaires, on en a érigé d’autres, sous le gouvernement de juillet, pour la mécanique industrielle, la géométrie descriptive, la chimie appliquée aux arts, la législation industrielle, l’agriculture et les arts céramiques. Placé au centre d’un quartier populeux, cet enseignement attire un auditoire qui se compose en majorité d’hommes appartenant aux professions laborieuses. C’est le mérite des cours du Conservatoire d’être clairs, simples, accessibles à toutes les intelligences et de tendre immédiatement à l’application. La théorie s’y montre sans cesse en contact avec les faits. Avides de s’instruire, les ouvriers se pressent à ces leçons ; ils y accourent chaque soir en quittant l’atelier. C’est un heureux symptôme à signaler que l’ordre admirable qui règne au milieu de ces auditeurs en blouse entassés dans un amphithéâtre immense et qui se trouve souvent trop étroit. Tout le monde y est silencieux et attentif. Il n’y a pas là d’exemple de ces scandales qui se sont trop souvent produits dans un enseignement plus élevé.

La bibliothèque du Conservatoire des arts et métiers est appropriée au rôle de l’établissement ; elle se distingue par une belle collection d’ouvrages scientifiques français et étrangers ; on y trouve toutes les publications qui peuvent éclairer les praticiens dans les diverses branches des arts industriels. Quant à la petite école fondée sous l’empire, elle peut être regardée comme une école primaire de l’industrie raisonnée. Les trois cours de géométrie descriptive et élémentaire, de dessin des machines et d’architecture, et de dessin industriel, qui y sont institués, sont fréquentés par cent cinquante à deux cents élèves.

En dernière analyse, le Conservatoire des arts et métiers, tel qu’il est constitué, offre des élémens précieux pour l’instruction industrielle.. Ouvriers, contre-maîtres, chefs d’établissemens, enfans des familles laborieuses, y peuvent venir puiser un enseignement qui éclairera devant eux la carrière du travail. L’achèvement des constructions entreprises depuis six ans permettra de rendre plus faciles et plus étendues les communications réclamées par l’intérêt publie. De larges améliorations viennent déjà d’être réalisées. D’autres développemens projetés par une administration active et intelligente élargiront encore l’arène ouverte à l’action de cet établissement. On se demande toutefois si, en se bornant à ces termes, l’éducation industrielle, envisagée dans ses rapports avec les besoins du pays tout entier, trouverait là une grande cause de progrès, si les diverses questions qu’elle soulève seraient plus près d’être résolues. Comme aujourd’hui, nous aurions toujours au Conservatoire le faîte d’un édifice, mais d’un édifice dont le corps n’est représenté que par des lignes éparses. Quelle que soit d’ailleurs la richesse des collections de l’ancienne abbaye Saint-Martin, quel que soit