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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/877

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la fréquentation obligatoire pour les enfans des familles qui sont inscrites sur le livre de l’assistance publique : c’est là une condition pour obtenir des secours. Partout en Allemagne le régime de ces maisons est à peu près le même. Le travail manuel succède à l’instruction primaire. Les jeunes gens faisant partie des divisions d’une même école se remplacent successivement à l’atelier et dans les classes. Les travaux sont répartis de façon qu’un même exercice ne se continue pas assez long-temps pour fatiguer l’attention des élèves.

Ce mode d’instruction, que l’Allemagne a si favorablement accueilli, compte en Suisse plusieurs établissemens destinés aux enfans de l’un et de l’autre sexe, notamment à Bâle, à Lausanne, à Berne, etc. Il y a plus de vingt ans que la société helvétique pour l’instruction publique s’est prononcée dans un sens favorable à ces institutions. Parmi les états de l’Europe centrale, la Hollande est peut-être celui où l’enseignement industriel est le moins développé. On pourrait s’étonner qu’il en soit ainsi dans un pays où tout est dirigé vers l’utile, si on ne savait pas que les mœurs privées des familles sont chez le peuple hollandais un moule où se façonne l’éducation professionnelle des enfans. La question a perdu de son importance, il faut le dire, depuis la séparation des provinces belges, qui étaient le principal siège de l’industrie nationale. C’est surtout en vue des exigences de la Belgique qu’avait été rendue en 1825 une ordonnance royale pour instituer dans les universités des cours de chimie et de mécanique appliquées aux arts. Aujourd’hui, en fait d’institutions spéciales, la Hollande n’a guère qu’une école, fondée à Delft en 1832, qui forme des ingénieurs, et dont l’état fait les frais. L’athénée de Maëstricht se distingue aussi des autres établissemens du même genre par un ensemble de cours scientifiques un peu plus rapprochés de la pratique. Il n’y a pas en Hollande, sous le rapport de l’instruction professionnelle, un mouvement comparable à celui qui s’opère en Belgique ; on dirait d’ailleurs que le Rhin forme entre les deux peuples, en ce qui concerne les communications intellectuelles, une muraille chinoise. La Haye est plus loin de Bruxelles que Londres, Paris ou Berlin.

Dans le midi de l’Europe, l’Italie elle-même, la molle Italie, a déployé plus d’efforts que l’infatigable et laborieuse nation néerlandaise. Elle est moins arriérée que ne le feraient supposer les fréquens déchiremens auxquels elle a été en proie. On ne doit citer qu’en passant certaines créations annexées aux hospices de Rome et de Naples, et qui remplissent, à l’égard des enfans pauvres, le rôle d’écoles professionnelles ; mais, dans le royaume, lombard-vénitien, dans les états sardes, des institutions spéciales sont consacrées à un enseigneraient technique. En Lombardie, ces écoles sont généralement fondées et soutenues par des familles riches que la politique autrichienne a tenues écartées