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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/657

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SOUVENIRS DE VOYAGE
EN
ARMÉNIE ET EN PERSE.

L’ARMÉNIE.

I

Nous avions dit adieu à Stamboul, et le dernier promontoire du Bosphore nous avait caché les pointes les plus élevées des minarets de la ville des sultans. Notre bâtiment se dirigeait vers Trébisonde. Une fois débarqués sur le territoire de l’ancienne Arménie, nous devions traverser, pour gagner la Perse, quelques-unes des provinces les moins connues de l’empire ottoman. On comprend quelle fut notre joie quand, après une navigation des plus pénibles, nous pûmes enfin toucher terre. Il était aisé de prévoir cependant qu’aux tempêtes de la mer Noire allaient succéder pour nous des périls et des fatigues non moins redoutables dans les solitudes glacées qui s’étendent entre le pachalik de Trébisonde et la frontière persane.

Quand nous débarquâmes à Trébisonde dans les premiers jours de décembre, le ciel était noir et tout chargé de neige. Les préparatifs du