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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/596

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Barrot, est peut-être encore plus complète que celle que son frère, M. Ferdinand Barrot, a signée avec la Sardaigne. Nous avons tout sujet de croire que l’activité consciencieuse de M. de Billing ne réussira pas moins bien à La Haye, où il a été envoyé pour suivre spécialement cette négociation.

Les chambres hollandaises ont pris, comme la nôtre, et comme le parlement anglais, leurs vacances de Pâques. Ce repos n’était pas inutile après les travaux multipliés auxquels on a dû se livrer un préparant les lois relatives à l’organisation communale et à l’organisation judiciaire. Parmi les lois qui ont été votées avant la suspension des séances, il en est une qui intéresse très vivement toute une branche assez considérable de l’industrie néerlandaise Cette loi diminue la rigueur des prescriptions qui fixaient jusqu’ici l’ouverture de la pêche du hareng. Le hareng, qui a fait jadis la fortune de la Hollande, ne laisse pas d’être encore un produit très important pour ses armateurs. Le nouveau règlement leur accorde plus de latitude, malgré certains préjugés qui avaient jusqu’ici restreint le temps légal de la pêche. Les affaires maritimes vont d’ailleurs changer de main. Le ministre de la marine, M. Lucas, a donné sa démission ; le ministre de la guerre, M. Spengler, est provisoirement chargé de l’intérim : on ne sait point encore à qui reviendra ce département, dont la bonne gestion est d’un intérêt si pressant pour la Hollande. L’un des plus distingués entre tous ceux qui l’ont occupé, le vice-amiral Van den Bosch, vient de mourir. Il commandait les forces navales aux Indes, et il avait rendu de très grands services par des travaux de toute sorte, notamment par les travaux hydrauliques qu’il avait dirigés dans les possessions d’outre-mer c’était ce savant homme qui avait aussi vaillamment présidé aux dernières opérations de la flotte contre les Chinois mutinés de Bornéo et les pirates de l’archipel ; il venait de terminer une inspection à Java, lorsqu’il a été frappé de la maladie qui l’a enlevé. Son successeur sera, dit-on, le contre-amiral Van der Plaat. Le gouverneur général encore en exercice, M. Rochussen, se prépare à revenir dans la métropole, aussitôt que M. Duysmaer Van Twist aura été installé à sa place ; il s’applique, en attendant, à réaliser la fortune colossale qu’il possédait aux Indes. Les nouvelles de ces lointaines colonies sont d’ailleurs plus rassurantes, et confirment une amélioration progressive dans l’état des finances ; cette amélioration se fait également sentir à l’intérieur : le trimestre échu du budget des recettes présente sur le trimestre correspondant de l’année 1850 un excédant d’un million de florins.

On parle vaguement en Belgique d’une nouvelle modification ministérielle. Cette crise serait amenée par les lois d’impôt que doit présenter M. Frère-Orban, le ministre des finances. M. Frère-Orban est l’une des personnes les plus distinguées de la Belgique, et il entend en homme d’état la conduite des on ministère. Il serait cependant, dit-on, obligé de se retirer dans le cas où il ne consentirait point à l’ajournement de ses lois d’impôt mais en toute hypothèse M. Rogier garderait toujours la présidence du cabinet dont la direction resterait par conséquent même. M. Frère-Orban s’est attiré à différentes reprises l’antipathie la plus significative de l’opposition dite catholique, qui travaille incessamment à reconquérir le pouvoir. Elle ne veut point se persuader que c’est parce qu’elle a été constitutionnellement vaincue dans les élections que la Belgique a pu tenir contre la bourrasque de 1848. La Belgique avait d’avance paré le coup. L’opposition dite catholique joue maintenant dans le parlement belge ce rôle