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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/399

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LA MARINE


DE LA REPUBLIQUE.




LES ARSENAUX.




On ne saurait chercher la raison d’être de l’établissement naval de la France dans la protection que réclame notre commerce maritime aux abois, ou de pauvres colonies éparses et comme perdues dans l’immensité de l’océan : six frégates à voiles bien commandées, un certain nombre de bateaux à vapeur de marche rapide, quelques petits bâtimens dans les parages où la mer est peu profonde, par intervalles l’apparition de notre pavillon sur un noble vaisseau de ligne, suffiraient à cette tâche. Non, c’est sur son orgueil de nation que notre pays doit fonder sa résolution d’être une forte puissance maritime. Sous peine de déchoir du rang qu’occupa parmi les peuples la France monarchique ; il faut que la France républicaine se tienne en mesure de lancer deux armées navales ; l’une sur la Méditerranée, l’autre sur l’Atlantique : il le faut, si elle veut conserver sa dignité d arbitre entre les grandes puissances qui convoitent aujourd’hui le partage de l’Orient et peut-être la domination de la Sicile ; il le faut, si nous prétendons maintenir l’Algérie comme une portion du territoire de la France ; il le faut enfin, si, dans le nœud d’une grande question européenne, nous