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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/385

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que les salutaires réformes de sir Robert Peel continuaient de porter leurs fruits dans les mains des whigs ; mais, en face d’un trésor surabondamment rempli, comment maintenir l’impôt le plus désagréable à la nation, l’income-tax ? Sir Charles Wood persévérait cependant, à demander à la chambre de lui, continuer cette ressource extraordinaire. Nous avons exposé dans le temps tout l’ensemble du budget dont la présentation aggrava les difficultés devant lesquelles le ministère whig s’est d’abord retiré. C’était néanmoins le même ou à peu près que le chancelier de l’échiquier réinstallé dans son poste soumettait encore aux communes. On se rappelle que le point litigieux était l’emploi d’un excédant de recettes que tous les intérêts et tous les partis se disputaient, tandis que le chancelier ne voulait en disposer qu’à sa guise. Sir Charles Wood persistait à prétendre qu’il avait besoin d’une prolongation de l’income-tax pour se ménager toujours ainsi des excédans qui lui permissent de travailler à un remaniement de plus en plus libéral des impôts ; — que ce dégrèvement progressif, successivement appliqué à toutes les branches du revenu public, serait d’un meilleur effet que la suppression immédiate de l’income-tax ; — que c’était là le vrai caractère du système de sir Robert Peel, « qui, en 1845, avait réclamé le renouvellement de cette taxe, non point pour augmenter les recettes de l’état, mais bien pour pouvoir faire l’expérience de la réduction d’autres taxes. » M. Herries, un lieutenant de lord Stanley, son conseiller intime en matière de finances, suivant l’expression de sir Charles Wood, M. Herries ne consentait pas volontiers à laisser aux whigs le loisir de faire cette expérience : le renouvellement de l’income-tax pour trois mis, c’était décidément, selon lui, la perpétuité de ce détestable impôt. M. Herries a donc proposé, par un amendement, « de limiter le renouvellement de l’income-tax à la somme qui pourrait être suffisante, dans l’état actuel du trésor, pour subvenir aux dépenses sanctionnées par le parlement et au légitime entretien du crédit public. » On ne sait pas assez que l’income-tax, ainsi d’ailleurs que beaucoup d’autres impôts, ne s’étend pas à l’Irlande ; il est probable que, nonobstant l’exemption dont leur pays a le privilège, les membres irlandais ne se seront pas fait faute de voter l’amendement de M. Herries. Le ministère ne l’a emporté sur cette question si grave pour son existence, puisqu’elle impliquait tout son système financier qu’à une majorité de 48 voix.

Cette, majorité est encore tombée tout récemment à 13, dans la séance du 11 avril, à propos d’un autre point du budget de sir Charles Wood. Le chancelier de l’échiquier ne s’était guère montré plus accommodant au sujet de la taxe des fenêtres dans son budget réformé qu’il ne l’avait été dans son budget primitif. Il n’avait pas voulu, comme nous l’avons vu, accorder au parti agricole la suppression totale de cet impôt ; il le remplaçait en partie par une taxe sur les maisons. La taxe nouvelle, au lieu d’être levée, comme la précédente, d’après le nombre de jours dont chaque habitation est percée ; reposera désormais sur la valeur locative, et sir Charles Wood, avait annoncé qu’elle ne devait point frapper les maisons d’un loyer au-dessous de 20 livres : c’était un avantage tout clair fait aux population rurales. Le parti agricole ne s’est pas tenu pour content. Lorsque la chambre a été appelée à discuter le bill qui transformait la taxe des fenêtres en taxe des maisons, M. Disraéli, sous prétexte