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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/375

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Moins orgueilleuse que la rose,
Au pauvre tu souris,
Car de sa sueur il arrose
Le sol où tu fleuris.

C’est lui qui te tresse en guirlande
Avec sa rude main,
Et va te porter en offrande
À la croix du chemin.

Si tu n’es ni rose, ni belle,
Tu crois en liberté
Et c’est de ta manne éternelle
Que vit l’humanité.

Tu brilles dans la plaine blonde
Lorsque juin est feu
Achevant ton œuvre féconde
Sous le regard de Dieu.

Dans ta corolle s’élabore
Le suc puissant du grain.
Le soleil l’achève et le dore ;
Nous en ferons du pain !

Ô fleur laborieuse et chaste,
Salut, ô fleur du blé,
Toi qui t’épanouis sans faste
Dans l’épi barbelé !


Charles Reynaud.