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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/176

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REVUE DRAMATIQUE.




LA COMEDIE. - LE DRAME.




Deux drames qui se donnent pour historiques, et un drame fantastique, — et tout cela en un mois, — nous aurions mauvaise grace à nous plaindre. Les poètes ne se reposent pas, et pour varier, pour renouveler nos plaisirs, ils ne regrettent ni soins ni veilles. La meilleure manière de reconnaître leur dévouement et leur persévérance c’est d’estimer la valeur de leurs œuvres sans acception d’école ni de généalogie. Je ne demande pas si les drames représentés au Théâtre-Français, à l’Odéon, à la Porte-Saint-Martin, sont conçus d’après les principes de l’école anglaise ou allemande ; pourvu que l’histoire et le bon sens ne les désavouent pas, je me tiens pour satisfait. Il est plus commode sans doute d’adopter comme un évangile soustrait à la discussion les préceptes d’une école unique et d’estimer toutes les œuvres, quelles qu’elles soient, d’après ces préceptes inflexibles. Pour ma part, je n’ai jamais compris ainsi la tâche de la critique dès qu’on se décide à suivre cette pente, l’injustice devient trop facile. L’histoire et la philosophie, c’est-à-dire la connaissance des faits accomplis dans le monde extérieur et des faits qui chaque jour s’accomplissent au fond de la conscience, sont les seuls guides qui ne trompât jamais, ou du moins qui nous préparent le mieux à juger selon la vérité. Si, après avoir consulté l’histoire et la philosophie, nous n’échappons pas à l’erreur, du moins nous sommes sûrs de n’avoir cédé ni à la colère, ni à la prévention, car, en présence de ces deux guides austères, toutes les répugnances, toutes les rancunes s’évanouissent. Le côté humain de la poésie domine de si haut tous les préjugés de temps et de lieu, qu’il n’est pas difficile d’estimer impartialement