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Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/132

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LE PARAGUAY


ET


LES REPUBLIQUES DE LA PLATA.




Dans le budget de cette année, dont le déficit s’élève à 75 millions, il est un chapitre spécial et tristement signalé à l’attention du pays par l’étrange politique qu’il consacre : c’est le crédit relatif aux affaires de la Plata La France n’a sur le territoire argentin aucune injure à venger ; jamais nos nationaux n’ont trouvé à Buenos-Ayres une protection plus puissante, jamais leurs intérêts n’y ont été mieux garantis, jamais enfin notre commerce n’y a été plus désiré, Voici pourtant que nous payons un subside mensuel de 200,000 francs à Montevideo [1], que nous entretenons une force navale considérable (dix bâtimens de guerre, dont trois frégates), un corps expéditionnaire de quinze cents hommes, en un mot que nous dépensons 750,000 francs par mois, soit 9 millions par an, le huitième du déficit actuel, — pour une cause qui nous est étrangère, pour défendre, dit-on, l’indépendance de l’État Oriental Ce n’est pas tout : depuis six ans, nous nous sommes imposé de durs sacrifices, nous avons suspendu un mouvement commercial de 150 millions de francs peut-être et tout l’élan industriel qui s’en fût suivi, arrêté une navigation d’environ trois cents navires, de grand tonnage, paralysé le travail de dix à douze mille de nos compatriotes

  1. Ce subside, originairement de 40,000 piastres, n’a été réduit à 28,000 que depuis quelques mois.