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Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/899

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les autres seront bien forcés de se rendre tôt ou tard à l’évidence. Quoi qu’il en soit, nous désirons au moins que notre pensée sur ce point soit bien comprise. Ce que nous disons, ce n’est pas seulement que nos grandes industries ne recevraient de cette réforme aucune atteinte fâcheuse : nous affirmons hautement qu’elles y puiseraient une vie nouvelle, qu’elles y trouveraient des élémens de force et de grandeur qui leur manquent dans leur état présent, en un mot, qu’elles passeraient presque toutes de l’état d’atonie ou de langueur où elles se trouvent à un état de vigueur et de prospérité. Quant à la marine, les avantages qui ressortiraient pour elle des mesures proposées sont tellement frappans, qu’il serait à peine utile d’insister sur ce sujet. Au reste, c’est sur l’accroissement considérable des recettes de la douane que nous voulions, avant tout, appeler l’attention. Loin d’exagérer cet accroissement inévitable, répétons-le, nous l’avons plutôt amoindri. Or, il faut se souvenir sans cesse que dans ces mots, accroissement notable des recettes publiques, sont comprises en germe la réforme postale, la réforme de notre système d’impôt et toutes les améliorations positives que le pays réclame depuis long-temps.

Il va sans dire que tous les calculs que nous avons faits sur l’accroissement probable de ces recettes supposent un temps de calme ; ils seraient nécessairement démentis dans un temps de crise et d’agitation politique comme celui que nous traversons en ce moment. Est-ce à dire pour cela qu’il faille renoncer aujourd’hui à effectuer une telle réforme ? Au contraire, c’est une raison de plus pour l’entreprendre sans tarder. Si le résultat ne se manifeste pas, pour l’année courante, par une augmentation positive du revenu public, il se fera sentir du moins par une atténuation du déficit inévitable dont la crise actuelle nous menace.


CHARLES COQUELIN.