Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/623

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


horriblement gêné, on avait multiplié les impôts sur les laines, le lin et le bois ; l’impôt des 12 deniers sur les denrées et marchandises était très exactement prélevé ; cependant on ne pouvait pas vivre et s’entretenir. Les « subventions au roi, » comme on appelait les secours, prêts ou octrois accordés aux souverains, avaient épuisé la ville. Quand François Ier fut monté depuis quelques années sur le trône, et qu’après avoir brigué maladroitement l’empire et l’alliance de Henri VIII, il vit ses caisses vides, il commença à tirer plus d’argent encore de ses « bonnes villes. » La première brèche une fois faite aux deniers de Chartres, il ne s’arrête plus. Durant tout son règne, il réclame de nouvelles sommes pour ses armées, pour ses frais de représentation au camp du drap d’or, la rançon de ses fils, etc., etc. Il envoie des lettres très longues et très explicatives aux Chartrains, qui se défendent et représentent en vain leur pauvreté. Le roi demande à Chartres :

En 1520, 2,500 livres tournois ;
En 1522, 50 hommes de pied ;
En 1526, la moitié des aides et octrois ;
En 1527, 2,000 livres tournois ;
En 1532, 6,000 idem ;
En 1536, 500 muids de blé froment ;
- 500 idem d’avoine ;
- 500 idem d’orge ;
En 1537, 3,000 livres tournois ;
En 1543, 14,400 livres ;
En 1544, 40 muids de froment,
- et 4,000 livres tournois ;
En 1545, 7,200 livres, etc., etc.

Voilà ce qui s’appelle, dans les histoires, le glorieux règne de François Ier. Dès 1534, on lit à l’hôtel-de-ville les lettres patentes du roi par lesquelles il demande la moitié des deniers communs, avec lettres missives adressées à MM. les bailli et lieutenant-général

(1er avril.) « A l’égard de la demande que le roi fait par ses lettres patentes de la moitié des deniers communs dont il a été fait acte par le greffier le 4 février dernier, a été ordonné qu’un échevin et le receveur de la ville iront en cour vers le roi ou monseigneur le chancelier pour composer sur cette demande. »

(1538, 8 avril.) « Assemblée générale où sont comparus les gagiers des paroisses de la ville et faubourgs… On a été d’avis de commettre deux personnages (les sieurs Acarie et Duru, échevins) pour aller en cour vers le roy et MM. de son conseil pour obtenir lettres, pour rembourser la ville d’aucuns deniers demandés par le roi pour la solde de deux cents hommes de pied pour quatre mois, à 1,200 livres tournois par chacun mois. — (Le compilateur ajoute en marge : C’est pour avoir modération de ladite somme.)