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Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/578

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pour le trésor public, le coton en laine, le chanvre et le lin. En effet, sur un produit total de 14,283,033 francs en 1845, le coton en laine figure seul pour 13,097,181 francs, le chanvre pour 593,087 francs, et le lin pour 466,753 francs, sommes qui, réunies, forment un total de 14,157,021 francs, ne laissant ainsi qu’un produit insignifiant d’un peu plus de 100,000 francs pour tous les autres articles. On pourrait donc, sans grande perte pour le trésor, rayer du tarif tous ces articles, savoir : les coques de cocos, les grains durs à tailler, les joncs et roseaux de diverses espèces, tant exotiques qu’européennes, et les végétaux filamenteux non dénommés. La libre importation de ces produits ne ferait d’ailleurs ombrage à aucun intérêt français ; celle des joncs et roseaux exotiques, particulièrement des bambous, tendrait à favoriser nos relations avec les Indes orientales et avec la Chine. On affranchirait pareillement de tout droit l’importation des tiges brutes de lin ou de chanvre, qui seront toujours assez grevées par les seuls frais de transport.

En ce qui concerne les trois articles maintenus au tarif, nous avons déjà dit à peu près dans quelle mesure les droits pourraient être actuellement réduits. Pour le lin et le chanvre, ce serait 2 fr. 50 cent. les 100 kilog. au lieu de 5 fr. pour l’un et de 8 fr. pour l’autre. La réduction proposée est relativement plus forte pour le chanvre, mais c’est contre toute raison que ce filament, dont la valeur est moindre que celle du lin, avait été jusqu’ici plus fortement imposé, et peut-être même conviendrait-il de le dégrever encore davantage, d’autant mieux qu’il est d’un immense emploi pour la marine. Pour le coton, le droit, qui varie maintenant de 5 à 35 francs les 100 kilog., mais qui est, pour les neuf dixièmes des quantités importées, de 20 francs plus le décime, on pourrait le fixer à 5 francs, sans admettre désormais aucune distinction de provenance. Il est parfaitement inutile, en effet, d’accorder en cela à nos colonies une faveur onéreuse, dont elles ne sont même pas en état de profiter.

Aucune objection ne s’élèverait sans doute quant à la réduction applicable au coton en laine, si ce n’est dans l’intérêt du fisc, qui y perdrait certainement quelque chose, mais auquel nous offrirons bientôt d’amples compensations. Il n’en serait pas de même relativement au lin et au chanvre, à propos desquels on invoquerait probablement l’intérêt de l’agriculture. Pour nous, loin d’admettre que la réduction des droits sur ces produits dût nuire à l’agriculture, nous affirmons, au contraire, qu’elle la servirait beaucoup. Nous ne pourrions, au reste, que répéter en cette occasion ce que nous avons dit à propos des graines grasses.

Quelles seraient maintenant les conséquences de ces réductions pour le trésor public ? En ce qui concerne le lin et le chanvre, il ne nous