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Page:Revue des Deux Mondes - 1848 - tome 22.djvu/571

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les avantages précédemment conquis. Et cependant il s’en faut que l’importation de l’année 1846, quoique supérieure à celle des années 1843 et 1844, soit une importation exceptionnelle, puisqu’elle est inférieure même à celles des années 1841 et 1842. A voir le chiffre de nos exportations, qui a été pour cette année au-dessous de la moyenne quinquennale, on peut juger que l’appel fait aux marchandises étrangères eût été même moins considérable, si la loi rendue au mois de juin n’eût pas été mise en vigueur avant l’expiration de l’exercice. Cette décroissance de moitié en 1846 est donc réellement due à l’application de la nouvelle loi, et c’est un fait grave et menaçant. Rien ne prouve, il est vrai, que l’importation ne se relèvera pas jusqu’à un certain point dans les années suivantes. La fabrique a ses besoins, qu’elle doit satisfaire à tout prix, sous peine de suspendre ses travaux ; mais il n’en est pas moins vrai que le déclin de l’industrie a commencé.

Sans pousser plus loin ces considérations, nous dirons maintenant que la raison demande, que l’intérêt pressant de l’industrie exige que l’on revienne promptement au tarif de 1844. C’est celui que nous proposerions de rétablir sans aucun autre changement. Par ce qu’on a vu précédemment de la marche ascendante de nos importations, on peut juger que, si le tarif de 1845 n’était pas intervenu pour en arrêter l’essor, elles s’élèveraient dès à présent à un chiffre fort supérieur à celui des années antérieures, et qu’en conséquence la recette se serait accrue dans la même proportion, d’autant mieux que le sésame, la plus fortement imposée des deux graines, était celle dont l’importation s’accroissait avec le plus de régularité. Toutefois, pour faire la part des éventualités, nous nous arrêterons au chiffre de 1845, qui était, comme on l’a vu, de 2,017,164 francs. Le chapitre des fruits et graines demeure ainsi tel qu’il était, sans augmentation ni diminution dans les recettes.

Sucs végétaux. — Comme nous écartons ici le chapitre des denrées coloniales, pour en faire plus tard une section distincte, le chapitre que nous rencontrons maintenant est celui des sucs végétaux. Il se compose de trente et quelques articles de recette, compris sous les dénominations suivantes : gommes pures, baumes, résines indigènes, résineux exotiques, sucs d’espèces particulières, comme le caoutchouc, l’aloès, l’opium, le camphre, la manne, le jus de réglisse et la glu, puis les huiles fixes, d’olive, de palme, de graines grasses, etc., et enfin les huiles volatiles ou essences. Tous ces articles réunis ont produit au trésor 9,186,926 fr., en 1845, et une somme à peu près égale en 1844.

Ce chapitre des sucs végétaux réclame d’assez grandes réformes, réformes qui, cette fois, augmenteraient le revenu, bien loin de l’affaiblir.

On remarquera d’abord que, parmi les articles qui le composent, il n’y a guère que les huiles fixes qui aient actuellement une importance