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Page:Revue des Deux Mondes - 1847 - tome 17.djvu/769

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que, par une bonne gestion financière, le pays acquière la prompte disponibilité de ses forces et de ses ressources ; qu’on termine, fallût-il les restreindre, les travaux en cours d’exécution sur tant de points du territoire ; qu’on résiste surtout avec obstination aux entraînemens et aux influences auxquels les chambres comme le gouvernement ont trop long-temps cédé : ce sont là les premiers devoirs d’une administration conservatrice et les vœux désormais unanimes des représentans du pays. Qu’aucune inquiétude démesurée, qu’aucune agitation fébrile ne nous saisisse ; ne provoquons ni par des concessions qui seraient vaines, ni par des avances qui seraient honteuses, le changement d’une situation à laquelle le cours des événemens et des idées prépare un terme naturel et prochain. Consacrons le présent à assurer l’avenir, et comprenons bien que les destinées de la France sont étroitement engagées dans celles du monde. Elle peut répudier les conquêtes territoriales, mais elle ne saurait renoncer à une action extérieure efficace et continue, car ce pays a une autre mission que de vivre pour lui-même. Que la monarchie de 1830 comprenne tout ce qu’il y a de puissance dans le double principe d’ordre et de révolution dont elle est l’expression combinée ; qu’elle sache faire appel à toutes les forces morales, aujourd’hui qu’elle a groupé autour d’elle la presque totalité des intérêts ; qu’après avoir enfin largement assis sa base, elle ose s’élever dans toute sa hauteur pour embrasser l’avenir : alors ses destinées seront assurées, et, dans toutes ses fortunes, elle pourra compter sur la France.


L. DE CARNÉ.