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Page:Revue des Deux Mondes - 1847 - tome 17.djvu/351

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HISTOIRE


DU


CONSULAT ET DE L'EMPIRE




SIXIEME VOLUME.




Il y a quarante ans, la France était au comble de la gloire. Au XVIIe siècle, Louis XIV, brillant héritier des travaux de Richelieu et de Mazarin, avait placé la monarchie française au premier rang des puissances européennes. Au XIXe, Napoléon outrepassait cette grandeur. Son génie, les circonstances extraordinaires d’une révolution dont il était le modérateur et le représentant, imprimèrent alors aux événemens un caractère de nouveauté merveilleuse. Il fallait désormais sortir de l’histoire moderne pour trouver à la situation que Napoléon s’était faite de convenables analogies. Il n’était plus permis de le comparer à Cromwell ; déjà même, dans la liste des empereurs illustres, il laissait derrière lui Charles-Quint pour s’approcher tous les jours de Charlemagne. Nous voyons dans l’histoire, au-dessus des grands hommes qui servent avec puissance les intérêts de leur pays, quelques hommes plus grands encore qui appartiennent au genre humain. Le nombre en est fort petit. A côté des trois ou quatre noms qui primeront éternellement toutes les renommées, Napoléon mit le sien.

Voltaire s’étonne quelque part qu’on ne puisse passer par une seule ville de France ou d’Espagne, ou des bords du Rhin, ou du rivage