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Page:Revue des Deux Mondes - 1847 - tome 17.djvu/308

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RECEPTION


DE M. DE REMUSAT


A L'ACADEMIE FRANCAISE.




M. ROYER-COLLARD.




Si la fadeur de l’éloge et la pompe un peu creuse de la forme passent pour les défauts qui trop souvent accompagnent et qui parfois même constituent le discours de réception, on doit rendre cette justice à l’Académie française qu’elle semble depuis quelque temps prendre à tâche de l’en garantir, en lui donnant plus de piquant ou plus de sérieux. Certes, on n’accusera pas de fadeur les dernières séances, et, si la louange trop continue et à trop forte dose risque d’endormir l’auditoire, il faut convenir qu’il a dû se tenir très éveillé. Il a pu se demander même si ce vieil adage, « on doit des égards aux vivans, on ne doit aux morts que la vérité, » ne recevait pas là quelquefois un démenti, et si ce n’étaient pas par hasard les morts qui étaient flattés, et les vivans qui subissaient le jugement rigoureux. S’il faut appliquer des noms propres à ce que nous disons ici, n’était-ce pas là, à vrai dire, une impression bien naturelle, lorsqu’on voyait, par exemple, M. Victor Hugo rendant à l’honnête M. Campenon une justice qu’il est permis de trouver plus que bienveillante, sauf à rabattre sur le compte du nouvel