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carbonisée, plus généralement connue sous le nom de coke, supporte dans tous les cas un droit double de celui qui pèse sur la houille crue.

Nous voudrions pouvoir supposer, pour l’honneur de la législature française, que tout cet assemblage prétentieux de dispositions en apparence savantes a jamais eu sa raison d’être ; mais, avec la meilleure volonté du monde, il nous est impossible d’y parvenir. Aussi sommes-nous forcé de croire que les premiers auteurs de cette loi, les conseillers du gouvernement établi en 1814, se sont livrés sans réflexion à la manie de prohiber qui dominait alors. Quant aux législateurs de 1836, en adoucissant l’effet d’une erreur ancienne, ils n’ont pas osé la réparer entièrement. Quoi qu’il en soit et pour nous en tenir au temps présent, il est certain que ces restrictions plus ou moins rigoureuses ne se justifient plus.

Il y a surtout dans cette loi une disposition qui heurte tellement la raison, qu’on la conçoit à peine : c’est celle qui s’applique à notre littoral maritime sur l’Océan. Sur toute cette côte, depuis Dunkerque jusqu’à Bayonne, il n’existe presque point de mines de houille, et l’insuffisance de celles qui s’y trouvent est tellement frappante, qu’on peut à peine les prendre au sérieux. L’inventaire de leurs ressources n’est d’ailleurs ni long, ni difficile à faire. Les plus importantes sont celles du bassin du Maine, comprises dans les départemens de la Sarthe et de la Mayenne : elles produisent toutes ensemble 850,000 quintaux métriques, non pas de houille, mais d’anthracite, combustible de qualité inférieure, impropre au service de plusieurs sortes d’usines. Vient ensuite le bassin de la basse Loire, qui produit en tout 536,000 quintaux métriques, partie d’anthracite et partie de houille dure, qui, non plus que l’anthracite, ne peut servir dans tous les cas. On trouve encore dans le Calvados le bassin de Littry, produisant 450,000 quintaux métriques également d’anthracite. De là on tombe au bassin d’Hardinghen, dans le Pas-de-Calais, produisant en tout 167,000 quintaux métriques, la plus grande partie d’une houille maigre et sulfureuse, dont l’emploi n’est pas sans inconvénient ni même sans danger ; puis au bassin de Saint-Pierre-la-Cour, dans la Mayenne, qui produit 158,000 quintaux métriques d’une houille un peu meilleure cette fois. Les autres puits, car ce ne sont plus des bassins, que l’on rencontre dans la Charente-Inférieure, dans le Finistère et dans les Landes, sont si peu importans, et la production en est si faible, qu’il suffit de les mentionner en passant. Voilà donc, pour cette côte immense et pour tous les départemens qui l’avoisinent, une production totale d’un peu plus de deux millions de quintaux métriques d’un combustible généralement médiocre, alors que le seul bassin de la Loire en produit 12,300,000 de très bonne qualité, le bassin de Valenciennes 9,200,000, et que l’autre de ces bassins, secondés qu’ils sont, le premier par tant d’autres riches exploitations