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Page:Revue des Deux Mondes - 1847 - tome 17.djvu/1173

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paroisse. C’étaient ces dernières barrières du vieil anglicanisme que M. Watson voulait faire disparaître ; son dessein a manqué, et le bill qu’il proposait, arrivé à la seconde lecture avec une majorité de 3 voix, s’est trouvé rejeté à six mois, c’est-à-dire indéfiniment ajourné, sur la motion de sir Robert Inglis ; trois voix seulement ont fait la majorité dans le sens protestant, comme elles l’avaient fait quelques jours avant dans le sens catholique. Les esprits semblent donc à peu près partagés. L’activité avec laquelle le parti catholique se remue dans Oxford est probablement la seule raison qui ramène ainsi les suffrages parlementaires dans le camp des saints du protestantisme. Les saints eux-mêmes sont loin d’être populaires, et ils n’auraient pas repris ce peu de crédit après leur échec de 1844, sans l’inquiétude avec laquelle l’Angleterre observe l’agitation puséyste.

L’approbation générale qu’ont reçue les plans d’éducation proposés par lord Lansdowne montre bien d’ailleurs que ni le gouvernement ni le pays ne sont disposés à reculer dans les voies libérales où ils sont l’un et l’autre engagés. Ce ministère de l’instruction publique, que lord Wharncliff avait le premier appelé par son nom sous l’administration du dernier cabinet, le comité du conseil privé chargé de l’éducation nationale (committee of council on education) se développe chaque jour davantage. Lord Lansdowne est digne à tous les titres de diriger cette grande œuvre ; les plans qu’il est venu apporter aux chambres font décidément de l’instruction publique une affaire de gouvernement, et l’affranchissent sans violence de toute intervention obligatoire des différens clergés. Il est enfin reconnu que les associations volontaires sont impuissantes pour généraliser les connaissances, indispensables à tous les citoyens, pour porter également la culture intellectuelle sur tous les points du territoire national. L’église anglicane semble cette fois abdiquer avec assez de résignation les prétentions qu’elle a toujours affectées jusqu’ici ; mais les dissenters encore mal rassurés, et d’ailleurs beaucoup plus exaltés que les membres de l’établissement, repoussent dans de nombreux meetings les avances du ministère : ils les déclarent incompatibles avec la religion et la liberté ; ils professent qu’ils s’en tiendront à leurs associations volontaires, dont ils se figurent malheureusement les résultats bien supérieurs à ce qu’ils sont. Ils disent hautement qu’avec les écoles du dimanche, près de deux millions d’enfans recevant à la fois l’instruction spirituelle et profane, il n’est pas besoin que l’état dépense un million sterling pour couvrir le pays de maîtres salariés. Cette protestation, impuissante contre les nécessités bien constatées de l’ordre social, montre seulement tout ce que l’opinion a dû gagner pour vaincre définitivement ces résistances particulières qu’elle rencontre encore, niais qui ne l’arrêtent plus.

Les nouvelles apportées du Mexique par le dernier paquebot nous peignent une situation plus triste, s’il est possible,.que celle dont nous avons récemment donné l’idée. La république est plus menacée que jamais par l’invasion au dehors, au dedans par les discordes intestines. D’après des correspondances dignes de foi, Santa-Anna serait presque à la veille d’en venir aux mains avec son lieutenant, le général Valencia, qu’il aurait empêché de combattre dans les circonstances les plus favorables aux armes mexicaines. Santa-Anna est, dit-on, désormais, tout-à-fait suspect, et l’on ne doute presque plus de ses accointances avec les États-Unis. On sait maintenant qu’en évacuant Tampico, il a fait jeter à l’eau les armes et les munitions qui s’y trouvaient, sans vouloir les confier aux habitans de la ville et des villages voisins, malgré les plus vives sollicitations. Pendant