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Sur ce nombre, la station de la Méditerranée emploie 10 bâtimens : 1 de 450, 4 de 320, 4 de 220, et 1 d’une force moindre 10
Celle de la côte occidentale, d’Afrique en emploie 9 : 1 de,700 chevaux, la Pénélope, 4 de 320, 1 de 220, et 3 de 80 à 100 chevaux 9
Celle d’Irlande, 12, dont 8 de 220 à 320 chevaux et 4 de moindre force 12
Celle de l’Amérique du Nord, Canada, Bermudes et Antilles, 3 de 220 chevaux 3
Celle des Indes et de la Chine, 3 de 320 3
Enfin la station de la mer du Sud, 2 de 320 à 220 2
9 autres, de différentes forces, remplissent des missions hydrographiques 9
En tout 48 navires employés au service des stations 48

Nous en consacrons à peine 8 au même service ! La différence de ces deux chiffres suffira pour faire apprécier la part faite à la marine à vapeur dans les deux pays, et quel degré d’importance lui est attribué dans l’emploi des forces navales.

Les autres bâtimens, complétant le chiffre 77, sont ou disponibles dans les ports pour les missions éventuelles et le service local, ou employés comme transports entre les différens points du littoral.

Dans le chiffre de 77 on n’a compris ni les navires construits sur les lacs du Canada, ni ceux affectés dans les colonies à des services de localité, ni ceux de la compagnie des Indes.

On n’y a pas compris non plus les bâtimens qui, au nombre de 11, sont à l’état de désarmement dans les ports ; situation inconnue et qui, jusqu’ici, n’a pas, en marine à vapeur, d’équivalent chez nous, où le nombre est loin de suffire aux besoins, mais qu’il est bon de signaler, parce qu’elle a cette signification, qu’en Angleterre la flotte à vapeur excède les besoins du service ordinaire, et que cette flotte compte dès aujourd’hui une réserve à flot.

Notre réserve à nous, elle consiste, si l’on veut, dans les 24 paquebots de l’administration des postes et dans les 18 transatlantiques, puisque c’est à ce titre que nous les avons admis à compter dans notre force navale. Mais qui ne sait que les grandes compagnies fondées en Angleterre par l’association privée disposent d’un matériel considérable, que plusieurs de ces compagnies sont subventionnées par le gouvernement, et que les navires qu’elles emploient, d’après les conditions de cette subvention, doivent être susceptibles, au besoin, d’être transformés en navires de guerre. On n’objectera donc pas que les paquebots anglais ne sont pas, comme les nôtres, propres à porter de l’artillerie [1].

On croit être très modéré en estimant au double des nôtres le nombre de ces paquebots ; mais si l’on se trompait dans cette estimation, il n’en

  1. La subvention à ces compagnies est portée sur le budget de la marine anglaise de cette année à 10,489,928 fr.