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Page:Revue des Deux Mondes - 1844 - tome 6.djvu/271

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ÉCRIVAINS


MODERNES


DE L’ALLEMAGNE.




Mme D’ARNIM.





Il est peu d’exemples assurément, dans l’histoire des livres et de leur fortune, d’un succès pareil à celui qu’obtint, en 1836, la première publication de Mme d’Arnim (Correspondance de Goethe avec un enfant). Le retentissement fut soudain, électrique ; l’enthousiasme des femmes, des étudians et des rêveurs, public puissant en Allemagne, s’alluma et se communiqua avec une rapidité contagieuse ; de violentes critiques protestèrent aussitôt, un combat s’engagea, long et acharné ; la louange et l’outrage, l’admiration et le blâme, également excessifs, injustes, aveugles, se renvoyèrent le nom de Bettina, qui conquit ainsi, du sein de ces querelles passionnées, une célébrité hors de toute mesure avec la valeur véritable et l’importance réelle de son œuvre.

Sept années à peine se sont écoulées [1], et Mme d’Arnim, dans le

  1. Le dernier livre de Mme d’Arnim a paru en 1843. En 1840, elle a publié sa correspondance avec Mlle de Günderode. Ces trois ouvrages composent jusqu’ici l’ensemble de ses œuvres littéraires.