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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/847

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Une danse armée entre plusieurs jeunes gens termine, du côté droit, cette composition, si bien conçue dans son ensemble et si variée dans ses détails.

La troisième division est consacrée au tableau de la vie politique des anciens Germains et de celui des relations des peuples du Nord avec l’Orient civilisé : c’est la Germanie de Tacite, mise, pour ainsi dire, en action ; ce sont les lignes concises de l’histoire traduites en figures sculptées. Le choix d’un général pour une expédition guerrière, le chef de l’état délibérant avec les principaux personnages de la nation et rendant la justice à son peuple, occupent la partie centrale et le côté gauche de ce bas-relief, dont le côté droit est rempli par un groupe de Phéniciens qui viennent échanger les productions de l’industrie asiatique contre l’ambre de la Baltique.

L’histoire des luttes des peuples germaniques contre la puissance romaine a fourni le sujet des quatre divisions qui suivent. Ainsi, la première expédition des Cimbres et des Teutons, attirés en Italie par la vue des riches produits de ce sol favorisé du ciel, que leur avait apportés leur compatriote Héliko ; leur Passage des Alpes, en l’an 113 avant notre ère, et leur première rencontre avec les Romains, signalée par la défaite du consul C. Papirius Carbon près de Noreia, tels sont les principaux motifs du quatrième bas-relief. Le cinquième a pour objet l’attaque des camps romains dans les plaines bataves, sous la conduite de C. Civilis, en l’an 69 de notre ère, et le principal personnage de cette composition est la prophétesse Velléda, qui avait été l’ame de cette entreprise par ses patriotiques inspirations, et aux pieds de laquelle sont déposés, en signe de reconnaissance nationale, les trophées des armes romaines. Le sixième bas-relief représente une grande scène de bataille, l’épisode le plus décisif de cette longue guerre des peuples du Nord conjurés contre l’empire romain, la Bataille d’Andrinople, où l’armée de l’empereur Valens fut détruite, en l'an 378, par les diverses tribus germaniques liguées avec les Huns et les Alains. La Prise de Rome par Alarte, le 24 août de l’an 409, fut la suite de cette grande victoire des peuples germains c’est le sujet du septième bas-relief. A ces scènes de combat, où l’artiste a profité, avec toute l’intelligence qu’il possède des monumens de l’art antique, des ressources que lui offrait le génie militaire des Romains opposé à la fierté sauvage des peuples germaniques, succède, dans le huitième et dernier compartiment, la Prédication de l’Évangile, apporté aux peuples du Nord par saint Boniface, l’apôtre de la Germanie. Il eût été difficile de clore ce vaste cycle