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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/819

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ensuite traduits en justice, les maisons d’arrêts de la Force, des Madelonnettes et de Sainte-Pélagie pour les prévenus hommes, la Conciergerie pour les accusés renvoyés en cour d’assises, la prison de Saint-Lazare pour les femmes prévenues et condamnées correctionnellement, le dépôt de la rue de la Roquette pour les condamnés qui doivent être dirigés sur les bagnes ou les maisons centrales, et enfin la maison de correction des jeunes détenus ; une prison spéciale est affectée aux détenus pour dettes, et en outre Saint-Denis contient une maison de correction et un dépôt de sûreté. La population moyenne de ces diverses prisons est évaluée à 5,000 individus.

On commence à construire une prison nouvelle pour les prévenus. Les trois maisons qu’elle doit remplacer ne sont dignes ni de nos mœurs, ni d’une ville comme Paris. Malgré les divisions intérieures, les prévenus y demeurent exposés à une déplorable contamination ; dans les portions affectées aux plus dangereux s’accomplissent chaque jour de honteux excès ; le crime y tient école ouverte, les forfaits s’y méditent, les pactes les plus exécrables s’y forment. La nouvelle prison sera disposée pour l’emprisonnement cellulaire ; la sécurité générale, la morale publique, l’humanité, s’accordent pour en presser la construction.

Le dépôt de la préfecture et la Conciergerie sont resserrés et peu salubres, et cependant ces prisons sont destinées à des détenus encore couverts par la présomption légale d’innocence. Sans doute, dans les immenses travaux qui vont donner à Paris un palais de justice en rapport avec les besoins de ses justiciables, ces détenus ne seront point oubliés.

La maison d’arrêt pour dettes et le dépôt des condamnés, nouvellement construits, paraissent répondre suffisamment à leur destination respective, et la nature de la population qui les occupe ne comporte guère, par des causes opposées, que des mesures d’ordre et de sûreté.

L’administration n’a pu songer encore à établir un régime disciplinaire que dans la maison de Saint-Lazare et dans celle des jeunes détenus ; ses heureux efforts y ont fait voir combien de réformes prudentes et éclairées peut recevoir le régime des prisons.

Saint-Lazare est consacré aux femmes prévenues et condamnées, et aux prostituées détenues par voie administrative. Un quartier spécial y est en outre affecté aux jeunes filles âgées de moins de seize ans, acquittées et retenues en tutelle administrative. L’ordre le plus parfait y règne, les hommes ont été éloignés de tout le service inté-