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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/799

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la nuit ; ils sont les yeux, les bras de l’administration. Mais dans la multitude des devoirs qui leur sont imposés, le rôle d’instrumens passifs et muets ne leur suffirait point, et leur obéissance a toujours besoin d’être éclairée parla réflexion et guidée parle discernement.

Le travail intérieur est distribué selon les diverses attributions du préfet. Le cabinet particulier traite seul les questions politiques. Là, dans le secret, sous la garantie d’une confiance réciproque, se suivent les affaires les plus délicates, celles qui touchent à la sûreté de l’état, aux manœuvres des factions, aux sociétés secrètes, à leurs conciliabules : affaires périlleuses qui engagent la responsabilité du chef, et dont il doit se réserver l’appréciation directe et exclusive. Deux divisions, que leur titre définit suffisamment, la division de sûreté et la division administrative, se partagent les affaires non politiques ; le secrétariat-général dirige les intérêts propres à l’administration considérée en elle-même, le personnel, le matériel, et un certain nombre d’objets non classés dans les divisions. Les bureaux de la préfecture de police ne diffèrent de ceux des ministères ou des grandes administrations qu’en ce qu’ils exigent des employés qui les composent une promptitude spéciale d’examen, de décision et d’expédition.

L’organisation des services extérieurs est forte et puissante.

Chacun sait que Paris est divisé en 12 arrondissemens et 48 quartiers : dans chaque arrondissement est établie une brigade d’inspecteurs et de sergens de ville, sous la direction d’un officier de paix ; dans chaque quartier, réside un commissaire de police, secondé par un ou deux secrétaires, collaborateurs sédentaires, et par un inspecteur de police au moins et un porte-sonnette, agens extérieurs et d’exécution.

Les commissaires de police sont indépendans des officiers de paix et leurs supérieurs dans l’ordre de la hiérarchie. Ils sont nommés par ordonnance du roi, relèvent à la fois du préfet de police qui les tient sous son autorité, et du procureur du roi dont la loi les a faits les auxiliaires. Ils ont leur bureau toujours ouvert dans chaque quartier et y remplissent un ministère de conciliation et d’ordre fort utile, fort apprécié de la population parisienne, qui trouve en eux des arbitres et des pacificateurs. Ils se tiennent à la disposition des citoyens qui réclament assistance dans quelque trouble public ou privé, reçoivent et interrogent les individus arrêtés, veillent à l’exécution des ordonnances de police, à tout ce qui concerne la salubrité, la propreté, etc. Pendant quelque temps, ils portèrent le titre