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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/795

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carrés plus de 6,000 établissemens nuisibles, au sein d’un peuple immense entassé dans d’étroites demeures ; faciliter les approvisionnemens, favoriser la distribution régulière des choses nécessaires à la vie dans un centre de consommation où s’engloutissent chaque année 145,000 quintaux métriques de farine, 950,000 hectolitres de vin, 42,000 hectolitres d’eau-de-vie, 170,000 bœufs, vaches ou veaux, 427,000 moutons, 83,000 porcs et sangliers, où se dépensent 5 millions de francs en marée, 8 millions en volailles et gibiers, 12 millions en beurre et 5 millions en œufs : tels sont en substance les devoirs importans et délicats du préfet de police.

Il dispose d’un budget qui excède 12 millions ; il a sous ses ordres une garde de plus de 2,500 fantassins et 400 cavaliers, un corps de sapeurs pompiers de 830 hommes, des bureaux où travaillent, tout le jour et souvent la nuit, près de 300 employés, un service extérieur de commissaires, d’inspecteurs, de sergens de ville, d’agens de tous ordres, qui comprend plus de 2,000 personnes.

Son territoire, peu étendu, n’embrasse que le département de la Seine et les communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon ; mais aucune autre portion du royaume ne renferme une population aussi active, aussi pressée, et ses attributions sont plus complexes et plus nombreuses que celles d’aucun ministre.

Délégué du pouvoir politique, il répond de la sûreté du roi et de son gouvernement ; magistrat, il remplit des fonctions judiciaires, fait constater les crimes, délits et contraventions, et en livre les auteurs aux tribunaux ; administrateur du département, il est chargé des prisons, des mesures relatives aux aliénés,.de la police des communes rurales, des secours pour remédier à la mendicité ; dépositaire de l’autorité municipale, il exerce tous les pouvoirs de police qu’elle comporte.

Les attributions déférées par nos lois générales aux préfets des départemens et aux maires sont partagées à Paris entre le préfet de la Seine et le préfet de police. Dans ce partage, le premier a obtenu la part la plus brillante : à lui le soin d’encourager les arts, de soutenir par de grands travaux des milliers d’ouvriers, de secourir l’indigence, ale répandre l’instruction, de présider à l’organisation des milices citoyennes. Il occupe le palais de la cité, plus somptueux, plus magnifique aujourd’hui que la résidence royale ; il reçoit le chef de l’état dans les fêtes que lui donne sa capitale ; il le harangue, au nom de la ville, à la tête du corps municipal ; il est le maître des cérémonies de la vieille bourgeoisie parisienne, son intendant, son