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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/70

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puis les haricots verts. Toujours est-il que je me réveille en prison, et qu’on me remet un procès-verbal qui constate que, vers deux heures du matin, je me livrais à de singulières extravagances.

« On m’annonce que je resterai en prison jusqu’à ce qu’une personne connue consente à me réclamer. J’ai cru devoir m’adresser à vous, qui êtes le plus spirituel et conséquemment le plus indulgent de mes amis.

 « Paul Seeburg. »


Post-scriptum. — Voici le procès-verbal :

« Le samedi 22 juin…

Mme Morsy. — C’était hier !

M. Morsy, lisant. — « Ont comparu devant nous, commissaire de police du quartier de …, le sieur Raymond, agent de la force publique, et le sieur Wolgan, qui nous ont attesté que le sieur Paul Seeburg avait, vers deux heures et demie du matin, brisé avec des pierres deux carreaux de vitre de la chambre occupée par ledit sieur Wolgan. Le susnommé Seeburg, dûment appréhendé au corps par ledit sieur Raymond, lui aurait donné un coup de poing. Nonobstant quoi, amené devant nous, il n’a nié aucun des faits de la plainte. En foi de quoi, etc., etc. »

Mme Morsy. — Deux heures et demie ! À quelle heure Jean a-t-il vu son homme ?

M. MORSY. — Je vais l’appeler, (il sonne. — Un domestique entre.) Appelez Jean.

Mme Morsy. — Ce n’était pas lui.

M. Morsy. — Il est imposable que ce soit lui.

Mme Morsy. — Cela m’ôte un terrible poids de dessus le cœur.

Jean. — Monsieur me fait demander ?

M. Morsy. — Oui… À quelle heure as-tu fait ta rencontre cette nuit ?

Jean. — Je croyais que monsieur ne voulait pas en parler à madame.

M. Morsy. — J’ai changé d’avis.

Jean. — Il pouvait être de deux à trois heures, comme je l’ai dit à monsieur.

M. Morsy. — Es-tu sûr ?

Jean. — Oui… Je ne dormais pas bien, et je venais d’entendre sonner deux heures, quand je me suis levé, croyant entendre parler au jardin.