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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/683

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On en peut, par hasard, trouver qui sont méchantes.
Mais qu’y voulez-vous faire ? Elles ont la beauté.


VIII.

Or, la beauté, c’est tout. Platon l’a dit lui-même,
La beauté, sur la terre, est la chose suprême.
C’est pour nous la montrer qu’est faite la clarté.
Rien n’est beau que le vrai, dit un vers respecté ;
Et moi je lui réponds, sans crainte d’un blasphème :
Rien n’est vrai que le beau, rien n’est vrai sans beauté.


IX.

Quand le soleil entra dans sa route infinie,
À son premier regard, de ce monde imparfait
Sortit le peu de bien que le ciel avait fait ;
De la beauté l’amour, de l’amour l’harmonie ;
Dans ce rayon divin s’élança le génie ;
Voilà pourquoi je dis que Margot s’y connaît.


X.

Et j’en dirais bien plus si je me laissais faire.
Ma poétique, un jour, si je puis la donner,
Sera bien autrement savante et salutaire.
C’est trop peu que d’aimer, c’est trop peu que de plaire.
Le jour où l’Hélicon m’entendra sermonner,
Mon premier point sera qu’il faut déraisonner.


XI.

Celui qui ne sait pas, quand la brise étouffée
Soupire au fond des bois son tendre et long chagrin,
Sortir seul, au hasard, chantant quelque refrain,
Plus fou qu’Ophélia de romarin coiffée,
Plus étourdi qu’un page amoureux d’une fée,
Sur son chapeau cassé jouant du tambourin :