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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/577

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part aux divisions du parti tory, et à l’aigreur, chaque jour croissante, qui en a été la conséquence. Ainsi, d’après le rapport d’une commission formée en 1835 par sir Robert Peel lui-même, sir James Graham avait présenté un bill pour l’augmentation et pour la meilleure distribution des revenus ecclésiastiques. D’après ce bill, les revenus devaient augmenter au moyen de certains changemens dans le mode des baux, et le surplus servir à accroître les petits bénéfices. De plus, à la mort des titulaires actuels, le revenu des ministres devait être réduit à 600, 500 et 300 livres dans les villes dont la population n’excède pas 2,000, 1,500 et 1,000 habitans. Or, pour sir Robert Inglis et pour ses amis, ce n’était là rien moins que toucher arbitrairement, injustement, à la plus sacrée des propriétés, et renouveler le scandale de la fameuse appropriation. En vain sir Robert Peel s’est-il efforcé de démontrer d’une voix émue qu’entre le bill d’appropriation et son bill il y avait une énorme distance, puisque l’un appliquait le surplus à des dépenses laïques, tandis que l’autre en faisait profiter l’église. En vain a-t-il remontré que sans une telle clause et sous l’empire du nouveau bill, l’évêque de Londres finirait par jouir d’un revenu de 150,000 livres. Rien de tout cela n’a touché sir Robert Inglis, qui a maintenu son opposition jusqu’au bout avec une intrépide persévérance. Le bill, à la vérité, n’en a pas moins passé, au milieu des gémissemens et des larmes du parti dévot.

Il faut aussi noter comme très significative une vive attaque du même sir Robert Inglis contre le président du conseil, lord Wharncliffe, qui, dans l’autre chambre, avait osé dire que « ’éducation nationale devait être donnée à tous sans distinction de croyances religieuses. » Il faut noter également deux discours de M. Lefroy et de M. Plumptree au sujet des écoles mixtes aujourd’hui constituées en Irlande. Pour cette fois, lord Elliott releva bravement le gant et parla comme l’aurait fait lord John Russell sur l’avantage de réunir dans les mêmes écoles toutes les communions. « Vous prétendez, s’écria-t-il, que les protestans ne vont pas à ces écoles. S’ils n’y vont pas, c’est la faute du clergé protestant, qui s’y oppose. » Il n’est pas besoin de dire avec quels cris de joie d’une part, de fureur de l’autre, de telles paroles furent accueillies. C’est au point que l’avocat-général en Irlande, M. Jackson, n’y put pas tenir, et qu’il donna le scandale assez rare en Angleterre d’une lutte personnelle et animée entre deux membres du gouvernement.

Peu s’en fallut que cette lutte ne se renouvelât à propos de l’allocation proposée pour le collège catholique de Mainooth ; mais tout