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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/546

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la conduite répondait si exactement à la pensée, il était difficile de se quereller long-temps. Ainsi trois questions, celle de l’Afganistan, celle de la Chine, celle de l’empire ottoman que le ministère tombé avait léguées au ministère actuel, et dont celui-ci ne pouvait être que médiocrement affecté ; deux questions, celle du traité de visite et celle d’Espagne, qui appartiennent à sir Robert Peel, mais qui n’étaient pas de nature à provoquer entre ses prédécesseurs et lui un débat sérieux. Il en reste une plus grave dont le parlement ne s’est point occupé, celle de la convention qui, momentanément du moins, réconcilie l’Angleterre et l’Amérique. Eh bien ! je ne crois pas que là encore les whigs aient trouvé le terrain qui leur manque. De quoi, en effet, se compose cette convention ? D’abord, et avant tout, d’un arrangement territorial par lequel la limite des deux états, incertaine depuis le traité de 1783, est définitivement fixée, à l’aide de quelques, concessions réciproques. Comme tous les arrangemens du même genre, celui-ci, sans doute, peut être critiqué soit à Washington, soit à Londres ; mais il a le grand mérite de mettre un terme à une incertitude déplorable et aux conflits inévitables qui naissaient périodiquement de cette incertitude. Or, ce mérite, ce ne sont pas seulement les tories qui l’apprécient, ce sont aussi les radicaux même modérés, même rapprochés des whigs, ainsi que le prouve le langage de l’Examiner. Quant à la stipulation relative au droit de visite, les whigs auraient le droit de s’en plaindre si, pendant le cours de leur long ministère, ils avaient amené l’Amérique, à baisser pavillon devant les prétentions de l’Angleterre. C’est au contraire sous le ministère whig que ces prétentions avaient rencontré, de l’autre côté de l’Atlantique, la plus vive, la plus ferme résistance. C’est sous le ministère whig qu’avaient été échangées, entre les deux gouvernemens, les notes aigres et péremptoires qui laissaient si peu d’espoir d’un accommodement. Sous quel prétexte lord Palmerston viendrait-il doncprocher à sir Robert Peel de n’avoir pas fait mieux que lui ? L’Amérique, excepté un jour sous M. Canning, a toujours refusé de concéder le droit de visite tel que l’Angleterre le comprend. Elle persiste aujourd’hui dans son refus. Il n’y a là, pour la politique de sir Robert Peel, ni succès ni échec.

Si sir Robert Peel se sentait un peu vivement pressé de ce côté, ne serait-ce pas d’ailleurs une admirable occasion de revenir à soi éternelle réponse à celle dont il a tant de fois déjà tiré si bon parti ? « Quoi ! dirait-il à lord Palmerston, par politique légère,