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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/485

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tient à la Hollande par les voies fluviales, et à la France par les chemins de fer. Quant à l’Allemagne, ne perdons pas de vue qu’en donnant une prime à la production du sucre indigène, par ses tarifs de douane, elle a détruit la hase principale du transit entre les contrées méditerranéennes et les riverains de l’Océan.

Un fait caractéristique dans le mouvement du commerce belge, c’est qu’il n’exporte pas vers les contrées d’où il tire ses importations. En général, il importe par voie de mer et exporte par voie de terre, ce qui veut dire que ses fournisseurs sont particulièrement dans les pays lointains et ses consommateurs sur le continent. Ainsi, en 1841, l’Angleterre, la Russie, les États-Unis, Cuba, le Brésil, Haïti et Rio de la Plata, qui avaient importé ensemble pour la consommation belge une valeur de 97 millions, n’ont reçu de la Belgique qu’une valeur de 20 millions. Du côté de la France, la Belgique exporte, au contraire, chaque année 20 à 25 millions de plus qu’elle ne reçoit. En 1839 [1], les importations de la Belgique par terre étaient, à ses importations par mer, dans le rapport de 40 sur 100 à 60 sur 100 ; ses exportations par terre étaient, à ses exportations par mer, dans le rapport de 68 sur 100 à 32 sur 100.

Les importations de France en Belgique sont en progrès ; de 1834 à 1842, la moyenne des quatre premières années est de 32 millions et demi (commerce spécial), tandis que la moyenne des quatre dernières excède 40 millions. Les exportations de Belgique en France restent stationnaires et déclinent peut-être, car la moyenne des quatre premières années représente 65 millions et demi, et la moyenne des quatre dernières 64 millions seulement. L’inégalité qui existe entre les importations et les exportations tend cependant à se niveler ; elle était de 28 millions en 1834, et de 21 millions en 1841. On s’est beaucoup évertué à rechercher les causes de cette différence. M. Nothomb, ministre de l’intérieur, l’attribue à l’inexactitude des évaluations ; d’autres publicistes s’en prennent à la contrebande, qui peut bien y être pour quelque chose, mais qui se fait sur les marchandises françaises comme sur les marchandises belges. Si l’on rapproche de cette inégalité celle qui existe en sens contraire entre les importations et les exportations de la Belgique avec l’Angleterre, et qui est dans la proportion de 44 millions à 16, on reconnaîtra que la Belgique solde à la France ce qu’elle doit à l’Angleterre, tandis que la France solde à l’Angleterre ce qu’elle doit à la Belgique. Cette explication devient plus décisive si l’on considère que la France exporte en Angleterre une valeur à peu près double de celle qu’elle en reçoit.

Mais il ne suffit pas d’examiner quelles sont, dans l’état des choses, les relations que la Belgique a le plus d’intérêt à conserver. Il faut voir encore quelles sont celles qui sont susceptibles du plus grand développement dans l’avenir. Consultons encore ici les tableaux de douanes.

  1. Le tableau général d u commerce de la Belgique avec les puissances étrangères pour l’année 1840 n’est pas sous nos yeux. Nous empruntons au Moniteur belge les chiffres sommaires de 1840 et 1841.