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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/206

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LE MINISTRE.

Je suis charmé de vous voir, monsieur le préfet ; je voulais, avant votre départ, m’entretenir avec vous des affaires de votre département. L’opinion y est bonne, l’esprit d’ordre a repris le dessus. Vous n’avez qu’à maintenir cette heureuse situation.

LE PRÉFET.

J’y ferai mes efforts. Le gouvernement du roi et le cabinet dont votre excellence fait partie peuvent toujours compter sur mon dévouement inaltérable et absolu.

LE MINISTRE.

Où en est, dans votre département, la question électorale ?

LE PRÉFET.

Les élections sont encore éloignées, selon toute apparence.

LE MINISTRE.

Qu’importe ? l’intérêt des élections n’est jamais suspendu. Il faut les préparer de longue main et se tenir toujours prêt à les faire. Vos députés ne sont pas tous également dévoués au gouvernement.

LE PRÉFET.

Il y a de l’ivraie dans le bon grain.

LE MINISTRE.

Votre devoir est de l’extirper. Vous en répondrez au roi et au ministère. (Le chef du cabinet parait, s’approche du ministre et lui parle à l’oreille.)

LE MINISTRE.

Le rédacteur en chef lui-même ! Je vais lui parler dans le petit salon bleu. Pardon, messieurs.


SCENE XVIII.
LE SECRÉTAIRE-GÉNÉRAL, LE PRÉFET.
LE PRÉFET.

Je suis passé chez toi, mon cher ami ; on m’a dit que tu étais à travailler avec le ministre.

LE SECRÉTAIRE-GÉNÉRAL.

Ne m’en parle pas. Je suis ici depuis ce matin ; mais on ne peut pas arracher une signature. La porte est ouverte à tous venans. Pas moyen d’expédier une seule affaire.