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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/185

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les a contre soi ! Quelle misère ! et il faut qu’au milieu des soucis du gouvernement nous descendions à de tels détails ! C’est ainsi cependant qu’une majorité se défait. Il suffit de vingt ou trente désertions, produites par les causes les plus imprévues et les plus étranges. Quant aux uns, nous n’avons pas satisfait tous leurs désirs, violé pour eux les règles du service, ou assez encensé leur orgueil. D’autres ont obtenu tout ce qu’ils ont osé demander ; mais la mesure est comble, et ils veulent des ministres nouveaux qui ne soient pas encore dégoûtés de leurs insatiables appétits.

LE CHEF DU CABINET.

En revanche, un membre de l’opposition m’a accablé de caresses.

LE MINISTRE.

Bonne fortune inattendue ! Quel est-il ?

LE CHEF DU CABINET.

Devinez.

LE MINISTRE, en riant.

Il en est jusqu’à trois que je pourrais.... nommer.

LE CHEF DU CABINET.

C’est G…..

LE MINISTRE.

J’y suis. Ses désirs sont bien modestes. Hier, chez le ministre de l’intérieur, il insistait pour qu’on réengageât cette tragédienne que nous avons vue jouer l’autre soir.

LE CHEF DU CABINET.

Bah ! est-ce que.... ?

LE MINISTRE.

Fi donc ! un premier président ! D’ailleurs, elle est si laide ! ... C’est dans l’intérêt de l’art.

LE CHEF DU CABINET.

A la bonne heure.

LE MINISTRE.

Quand la politique aura pris possession des coulisses, où le bon plaisir pourra-t-il se réfugier ? Mais puisque G….. s’occupe des tragédiennes, je le ferai mettre dans la commission des théâtres royaux. Il n’est pas impossible qu’il nous revienne....

LE CHEF DU CABINET.

Dans l’intérêt de l’art.