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Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 32.djvu/1010

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2° La Chine paiera 21 millions de dollars dans le cours de l’année présente et des trois années suivantes.

3° Les ports de Canton, Amoy, Foo-chou-fou, Ning-poo et Singhai seront ouverts au commerce anglais ; des agens consulaires seront nommés pour y résider, et des tarifs réguliers et justes d’importation et d’exportation, ainsi que des droits de transit intérieur, seront établis et promulgués.

4° L’île de Hong-kong est cédée à perpétuité à sa majesté britannique, ses héritiers et ses successeurs.

5° Tous les sujets de sa majesté britannique, Européens ou Indiens, qui pourraient être retenus dans quelque partie de l’empire chinois, seront relâ­chés sans conditions.

6° Un acte de pleine et entière amnistie sera publié par l’empereur, sous son signe manuel et son sceau impérial, en faveur de tous les sujets chinois qui auront pris service sous le gouvernement anglais ou ses officiers, on en­tretenu des relations avec eux.

7° Les relations auront lieu sur un pied de parfaite égalité entre les fonc­tionnaires des deux gouvernemens.

8° Dès que l’assentiment de l’empereur au traité aura été reçu, et que le premier paiement de 6 millions de dollars aura été versé, les forces de sa majesté britannique se retireront de Nankin et du Grand-Canal, et les postes militaires à Chinhai seront aussi retirés ; mais les îles de Chusan et Kolangsoo resteront occupées jusqu’à ce que le paiement de l’argent et les arrangemens pour l’ouverture des ports aient été complétés.

Ces résultats dépassent toutes les espérances qu’avaient pu concevoir les Anglais. L’indemnité de 21 millions de dollars, en y ajoutant les 6 millions déjà payés pour la rançon de Canton, font environ 7 millions sterling ou 175 millions de francs, et couvriront probablement les frais de la guerre ; mais cette considération n est que secondaire en présence de l’incalculable avenir offert au commerce anglais. Jusqu’à présent, l’Angleterre n’avait eu de rela­tions qu’avec une seule province de la Chine, contenant environ 8 millions d’habitans, et qui n’avait avec le reste de l’empire que des communications difficiles. Désormais, le commerce britannique aura accès dans 5 ports et dans 5 provinces, contenant plus de 70 millions d’habitans, et dont 3 sont traver­sées par le Grand-Canal, une des voies navigables les plus gigantesques du monde entier. Amoy, le second des ports désignés dans le traité, est une ville très populeuse et très commerçante. Fou-tchou-fou, capitale de la province de Fou-kien, a une population de 400,000 ames. Cette ville est l’entrepôt de commerce du thé noir, les plantations du meilleur thé sont dans la province de Fou-kien. Il paraît que l’empereur résista long-temps avant de concéder l’ouverture de ce port, qui exporte aussi du bois de construction, du tabac et du coton. Ning-poo est situé sur la rivière Ta-hae, à 14 milles au-dessus de son embouchure ; la population de cette ville, où les Anglais avaient encore une factorerie en 1759, est estimée à 2 ou 300,000 ames. Shangai est situé sur la